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CHAPITRE IX

PATHOGÉÈNIE MICROBIENNE

La pathogénie microbienne de l’endocardite intectieuse subaiguë ne semble pas encore sortie dela période des controverses; et cependant longue serait la liste des auteurs qui ont étudié la question : dès 1891 deux auteurs lyonnais, MM. Josserand et Roux publiaient déjà les résultats de leurs recherches et l'intérêt autant que le succès de leur étude expérimentale mérite mieux qu'une mention. Voici le résumé qu'ils en donnaient dans le Lyon médical de juillet 1891 :

« Une femme succombe à une endocardite infectieuse d'une durée anormale de 4 mois; $ semaines environ après le début de l'affection, on met en culture une goutte de sang prise sur le doigt de la malade. 27 jours plus tard on injecte dans la veine d’un lapin 2 cc. d’un bouillon descendant de cet ensemencement : au bout d'un mois l’animal succombe, présentant une endocardite aortique et mitrale d'une exubérance remarquable; enfin 26 jours après ce contrôle expérimental, la malade décédait et nous constations à l’autopsie une endocardite ulcéreuse d’une étendue aussi remarquable que la durée de l'affection et localisée aux mêmes valvules que sur l'organe du lapin ; ce dernier avait été conservé dans le liquide de Müller et nous pûmes à une séance du mois de juillet 1891 présenter à la

Société des Sciences médicales les deux cœurs avec leurs lésions pour ainsi dire superposables. L'agent pathogène était un ptashylocoque donnant des colonies couleur zeste de citron. »

Ainsi donc était démontrée, s'il en avait été besoin, l’origine microbienne de l'affection, et découverte la nature même du microbe en cause. Depuis lors cependant le streptocoque a été le plus souvent rencontré: Osler en 1908, Lenhartz, Schottmüller, Joehmann, Mayor, Liebmann, Kinsella l'ont toujours signalé. M. Debré prétend même en faire l’agent spécifique de cette endocardite infectieuse, cependant que M. Vaquez, sur9 cas observés, dit avoir rencontré 7 fois le streptocoque et 2 fois le pneumocoque et que M. Lutembacher signale à son tour « des diplocoques encapsulés prenant le Gram qui lui ont paru être des pneumocoques. »

Les opinions se trouvent ainsi partagées; mais le streptocoque semble bien cependant être le germe le plus fréquent de l'affection. Les avis divergent à nouveau sur la question de savoir s’il n’y a pas un streptocoque spécial à cette endocardite infectieuse. Schottmüller arguant de la faible virulence de ce microbe pour les animaux de laboratoire, oubliant peut-être qu'il n'en conduit pas moins l’homme infecté par lui à la mort, le qualifie de streptococcus mitior ; puis frappé de sa capacité de verdir l’hémoglobine, il le nomme encore streptococcus viridans ; mais cette propriété n’est n1 spéciale, ni propre à tous les streptocoques de l’endocardite infectieuse chronique. Deux auteurs anglais mieux inspirés et s'appuyant sur ses propriétés saccharolytiques l'ont rattaché aux streptocoques parasites des cavités

naturelles. M. Debré, lui, en fait un streptocoque banal, mais non virulent pour les animaux de laboratoire et anhémolytique. Enfin Dettweiller et Robinson sont arrivés à le reproduire expérimentalement.

Rien d’anormal à ce qu’à la suite d’une septicémie due à un streptocoque atténué soit primitivement, avant sa pénétration dans l’organisme, soit secondairement par de longs séjours dans les ganglions lymphatiques, le microbe ne se fixe sur l’endocarde. C'est en somme une infection banale qui le serait du moins n’était la latence de son évolution.

Il est rare en effet que les infections septicémiques aient ainsi letype chronique: l'infection puerpérale dite chronique tue sa malade en quatre ou cinq semaines, l’endocardite infectieuse subaiguë met souvent dix et quinze mois! Est-ce en raison de la localisation de l'infection sur l’endocarde si rebelle aux infections ? L'exemple des endocardites infectieuses aiguës ne permet guère de l’admettre. Il semble que pour expliquer la lenteur de leur évolution, 1l faille faire intervenir dans ce cas une résistance particulière du terrain immunisé par une infection antérieure ou au contraire une atténuation du germe comme le laisseraient penser les caractères biologiques si souvent spéciaux des microbes isolés dans l'endocardite infectieuse subaigué.

Quand une cardiopathie ancienne a fait du cœurun foyer d'appel pour le microbe, l'infection de l’endocarde devient presque fatale. À la faveur d’un anthrax, d’une angine, d’une fausse couche, des germes nouveaux se sont introduits dans le sang, et vont trouver au cœur un terrain tout prêt à les recevoir et à les abriter; tantôt

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