‹ Des Endocardites Infectieuses subaiguéesChapitre 12 sur 15 · AI · texte numérisé non relu

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ce sera l’endocarde, lésé par une atteinte de rhumatisme antérieur et dont la fragilité plus grande favorisera la localisation microbienne, tantôt ce sera l’organe tout entier qui, dilaté par le surmenage, offrira à l'ennemi un abri tout trouvé où se développer et se défendre ; « c’est alors l'invasion secondaire des cavités cardiaques irrémédiablement distendues, invasion que lon observe chez les urinaires dont la vessie dilatée est en but à toutes les infections ».

Cette infection secondaire reste, malgré tout, sans grand retentissement sur les lésions valvulaires, comme nous le montre bien l’anatomie pathologique : on ne trouve pas d'ulcération, pas de nécrose, pas de rupture de tendons, pas de perforation de valvule. Aussi le rôle joué par ces formes d’endocardite infectieuse subaiguës, compliquant une lésion cardiaque, reste-t-il très souvent insoupçonné. L’infection générale, l’endocardite même est méconnue, le rôle mécanique des lésions valvulaires est seul pris en considération.

Et cependant l’inflammation plus ou moins larvée de l’endocarde est souvent la cause de tous les accidents : n'est-il pas d'observation courante de voir de larges lésions valvulaires admirablement tolérées, mêmeau cours d’une grossesse, alors que d’autres fois, un rétrécissement peu serré, longtemps bien compensé sera presque subitement et sans cause apparente le point de départ d’une asystolie irréductible qu'aucun tonicardiaque ne pourra enrayer ? Chez ces derniers malades, le cœur n’est pas forcé, épuisé, impuissant à assurer une circulation suffisante, il est d’abord et surtout infecté, « le plus grand nombre des cardiaques ne meurent pas d’asystolie » (Lutembacher).

Puisque tout n’est bien souvent qu’endocardite infectieuse latente chez ces malades valvulaires, nous ne nous contenterons pas de considérer le côté mécanique des cardiopathies. Noussoupçonnerons plus souvent, à côté et après une atteinte de rhumatisme, celle du streptocoque ou du pneumocoque venant se grefler sur les lésions établies, et nous saurons ainsi interpréter les échecs de la médication salycilée. Nous rechercherons enfin, précocément dans l’asystolie, sa cause fréquente : l'infection.

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