THÉRAPEUTIQUE
Quelques mots encore sur la thérapeutique de l’endocardite infectieuse chronique, thérapeutique décevante entre toutes, puisque vaines furent jusqu’à présent les tentatives faites pour lutter contre cette infection. C’est assez dire que tout a été mis en œuvre: les colloïdaux, les vaccins, la sérothérapie.
Les métaux colloïdaux en injections intraveineuses se sont tour à tour montrés impuissants : l'argent, l'or, le rhodium, le nickel. Tout au plus certains auteurs ont-ils observé une légère amélioration succédant à une première série d'injections de lantol (rhodium colloïdal). M. Vaquez, par contre, signale une recrudescence toujours marquée de la fièvre et souvent un état de malaise inquiétant, à la suite de ces injections.
La vaccinothérapie ne semble pas plus heureuse.
Dans un cas rapporté par MM. Dénéchau et Picard, un vaccin fut préparé avec le microbe du malade et injecté à doses croissantes à six reprises. Aucune réaction ne suivit comme aussi aucune améliorätion. Des réactions anaphylactiques sévères ont été par contre observées par M. Vaquez.
Quant à la sérothérapie, elle reste peut-être la seule chance de salut de ces malades, à condition d’être étroitement spécifique. Hemsted a publié un cas de guérison par un sérum obtenu en inoculant un cheval avec le streptocoque isolé du sang de son malade. Mais les autres essais tentés par MM. Debré et Nicolle semblent être jusqu'ici restés sans résultat.
‘échec de la thérapeutique spécifique laisse une large place à la médication symptomatique. La fièvre est combattue par la quinine, l’aspirine; les douleurs précordiales par une révulsion prudente; on recourt aux tonicardiaques sous forme de digitale, d’injections de spartéine, aux calmants de l'éréthisme cardiaque sous forme de teinture de crataegus. On favorise encore la diurèse par des doses journellement répétées de théobromine. Enfin le repos et le régime compléteront cette thérapeutique qui, malgré tous les soins prodigués au malade, laisse l'affection poursuivre son cours inexorable.