ENDOCARDITE TRAUMATIQUE
Gomme toutes les autres phleg-masies, l'endocardite, dit M. Bouillaud, peut se développer sous l'influence de certaines causes mécaniques ou traumatiques ; mais cet ordre de causes n'est pas fréquent, et ce n'est pas l'orig-ine ordinaire de cette inflammation.
Les traités de patholog-ie externe ne mentionnent pas l'endocardite comme pouvant résulter d'une plaie du cœur.
M. .lamain (1) sig-nale comme assez fréquente la complication de péricardite, chez les individus qui ne succombent pas immédiatement aux plaies pénétrantes du cœur ; il parle même du ramollissement du tissu de cet org-ane, mais nulle part il ne fait mention de l'endocardite, nulle part même il n'en sig-nale la possibilité.
Toutefois, cet auteur rapporte l'observation suivante (tirée d'un journal ang-lais) qui me paraît pouvoir être considérée comme un cas d'endocardite traumatique.
OBSERVATION Xll.
il s'affit (l'un jeuno nègn', morl soixanle-sf pi jours après l'accident et chez lequel on trouva Uois chevrolines dans le venfricule droit, deux dans l'oreillette. Le cœuravail acquis un volume considérable; dans quelques points ses parois étaient presque cartilagineuses. Le ventricule, considérahliMiient ajjrandi, était recouveit d'une couche épaisse, d'oii s'élevaient de nombreuses pa|)illes do couleur brune qui lui donnaient l'aspect de la Face supérieure de la langue d'un bœuf. La Face interne de l'oreillelte droite avait peu souFFert.
[\] Thèse de l'agrégaLion, 1857, Plaies du cœur.
M. Piorry (Ij, rlaris une de ses leçons cliniques, a rapporté le l'ail suivaul, comme un exemple d'enclocardile Iraumalique :
OBSEUVAÏlON Xlll.
Il s'agit d'un individu mort de pneumonie et d'érysipèle, sans qu'eu aucuu moment on ait pu constater des symptômes dénotant une lésion cardiaque.
• A l'autopsie, on trouva une aiguille implantée dans la cloison du cœur, libre des deux côtt's, la pointe située dans le ventricule gauche, le chas à droite. Aiguille de 0,001""'" de diamètre sur 0,05 de largeur.
Cavités droiies du cœur dilatées. — La surface externe du ventricule droit, précisément au point correspondant au chas de l'aiguille, présentait une plaque péricarditique blanche et nacrée.
La face interne, au même point, était le siège d'un dépôt fibrineux abondant, al'feclanL la forme d'un godet, ô'"™ d'épaisseur, au centre dii(|uel le chas de l'aiguille venait sans doute frapper pendant les mouvements du cœur. L'aiguille tout entière, aussi bien à droite qu'à gauche, était revêtue d'une couche de concrétions fibrineuses.
M. Piorry '^Clmique) attribue le godet fibrineux, au point où l'aiguille avait pénétré et touchait encore pendant les contractions du cœur, à une exsudation d'angine inllammaloire.
Dans le Moniteur des Sciences^ 1860^ nous trouvons l'observalion suivante due à M. le D*" Miililig" :