Agence Havas, 13 décembre
ven l'Angleterre. L’attachement proverbial de la nation britannique à ses coutumes et à ses mœurs politiques, son indépendance absolue semblaient l'écarter plus que toute autre de l'acceptation d'un semblable arrangement. « Quand on parlait des négociations engagées par les traqueurs de capitaux on répondait : « Eh bien : et l’Angleterre, le lieu d'asile traditionnel des proscrits ? » (1).
La publication de l'accord franco-anglais fut donc
accueillie avec une curiosité inquiète, et l’on vit bientôl que, si sa portée était en somme plus limitée qu'on ne l'avait pensé lout d’abord, il avait bien été voulu cependant comme un instrument plus perfectionné de défense, fiscale.
En France les projets ou propositions de lois tendant à créer un envoi en possession spécial ou à accorder à l’administralion la faculté de déférer le serment aux héritiers furent d’ailleurs de nouvelles manifestations de la même idée.
En Angleterre un article du Times en date du 14 décembre 1907 appréciait ainsi la convention du 15 novembre : « L'importance essentielle de cet accord réside en ce quil constitue le premier pas d’une politique interna-
nale tendant à unir les divers Etats du monde pour la
1. Kergall. Revue économique et financière du 17 novembre 1906 cité par Lescœur, p. 128, note 2,
répression de la fraude en matière fiscale, de même qu'il existe déjà des unions du même genre pour la
défense de la propriété privée » (1).
1. Voir, Annuaire de la législation française. Note de M. Jobit.