OBSERVATION VI
Plaie pénétrante du poumon. — Pas d'épanchement sanguin (?) Occlusion. — Guérison rapide.
Bouchard (Francisque-Paul), 28 ans, entre le 17 août 1879, à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Landry, n" 3.
Il s'est tiré un coup de revolver dans la région précordiale. La balle a pénétré dans le deuxième espace intercostal gauche, à 6 centimètres du bord correspondant du sternum. 11 n'y a point d'orifice de sortie.
Accidents immédiats ; hémoptysie, léger écoulement de sang par la plaie, quelques bulles d'emphysème autour de l'orifice d'entrée du projectile. Occlusion.
Le malade n'est pas ausculté pendant les cinq premiers jours.
Le sixième jour, il se plaint de douleurs dans le côté droit; on l'ausculte et on trouve les signes d'un épanchement remontant jusqu'au peu au-dessus de l'angle de l'omoplate (matité, égophonie).
Rien du côté gauche, côté de l'orifice de pénétration de la balle.
Application de deux vésicatoires placés successivement, l'un suivant la ligne axillaire droite, l'autre à la partie dorsale et inférieure du thorax, du môme côté.
Amélioi^ation graduelle des symptômes.
Le malade se lève à partir du 6 octobre, il sort le 17 conservant un peu de matité à la partie postéro-inférieure droite de la poitrine, et un léger aflFaiblissement du murmure vésiculaire.
J'ai revu le malade un mois après sa sortie, il m'a dit qu'il toussait par quintes de temps à autre et qu'il souffrait parfois du côté droit. Ces douleurs, toujours passagères, ne durent que quelques heures.