Agitation, anxiété
24. Les symptômes cérébraux s'aggravent; on pratique l'artériotoraie; quelques cuillerées de sang.
2b. Paupières closes; pupilles contractées, immobiles; pouls fréquent, serré peu résistant; la jugulaire ouverte ne donne pas de sang : le malade éprouve une syncope pendant quelques instants.
26. Vomissements. L'intelligence paraît se rétablir; voit ses parents, converse avec eux : intégrité jusqu'au bout des mouvements et de la sensibilité.
Autopsie. Le 28 février.- — Le crâne étant scié ménagement, le cerveau enlevé , et la dure-mère détachée de la base du cnlne, on reconnut que la fracture commençant à droite, au bas delà portion convexe du coronal, et un peu en arrière de l'apophyse orbitajre exAerne, se dirigeait de delioj's en dedans et d'avant en arrière sur la face latérale et antérieure gauche de la hase du crâne, etc., etc.
i . Tous les détails relatifs à la fracture de cuisse ont été supprimes.
Cerveau. — Rien de remarquable à la surface du cerveau. Au niveau de la fosse temporale gauehe, entre la dure-mère et l'arachnoïde, existe un épanchement de sang assez considérable : le lobe moyen et le lobe postérieur gaucho présentent, l'un surtout, du côté externe, l'autre dans toute l'étendue de sa face inférieure, des traces évidentes d'une forte contusion. Dans ces deux régions, l'arachnoïde et la pie-mère sont gorgés de sang, et restent l'ouges après le lavage. Mise à nu , la substance du cerveau offre une coloration d'un gris rougeâtre , parsemée de plaques noirâtres ou d'un brun foncé. Ces plaques ou isolées, ou réunies par quelques points de leur circonférence , paraissent formées du mélange de la substance grise , réduite en une sorte de pulpe, avec du sang épanché et coagulé : autour d'elles existe une forte injection pointillée en noir, et un peu au delà une coloration rouge de la substance cérébrale; plusieurs de ces plaques ont de trois à quatre lignes d'épaisseur, et alors la substance blanche participe plus ou moins à l'altération, qui, le plus sauvent, cependant est bornée à la substance grise. On trouve en outre trois ou quatre petitsé panchements bien circonscrits offrant un caillot noir et arrondi. Ces épanchements existent dans les lobes moyens et postérieur gauches, assez près delà substance du cerveau.
Les lobes antérieurs ne présentent aucune espèce de lésion, pas même une légère injection de la substance cérébrale. Seulement à leurbase l'arachnoïde est un peu injectée. Les plexus choroïdes sont pâles; on n'observe pas même la plus légère trace de vaisseaux sur lus autres parties renfermées dans le ventricule; la protubérance et le cervelet sont intacts. Rien dans les poumons ni dans le cœur.
' OBSERVATION V
fracture du m'dne. — Lésion du muscle crotaphite gauche. — Épanchement sanguin considérable entre le crâne et la dure-mère. — A droite épanchement énorme sur le lobe moyen et à la base du crâne {contre-coup). — Enduit sanguin par suintement au-dessus de la dure-mère du même côté.
(Clin. chir. de l'Hûtel-Dieu. prof. Roux, jour, des connais, méd. chir., février 1839, p. 66.)
tin homme fut apporté àl'Hôtel^Dieu dans un état complet d'ivresse venant de tomber d'un troisième étage. Il vomissait des matières
vineuses; le pouls est descendu à trente pulsations; les membres étaient froids. L'interne de garde n'osa le saigner dans un pareil (itat.
Le lendemain au malin , sommeil , respiration entremêlée de rlionclms dans la trachée arl.ère ; ])âi]lements fréquents ; pas de paralysie. On trouve sur l'oreiller du sang épanché par chacune des deux oreilles ; les bruits du cœur ressemblent à des glouglous de bouteilles. Pulsations encore très lentes; on constate en outre une fracture des deux os de la jambe gauche à hauteur inégale. Trois saignées du bras dans le courant du jour; appareil pour les fractures.
Les symptômes cérébraux qui se manifestaient étaient bien ceux d'une compression cérébrale, et le sang sorti par chacune des oreilles indiquait assez qu'elle était due à un épanchement de sang, avec fracture des os de la base du crâne. Dans la journée il survint une paralysie des membres tlioraciques et pelvien gauche ; bâillement fréquent; assoupissement; de temps en temps sommeil stertoreux; cependant le soir, après la troisième saignée; la sensUjilité parut revenir un peu.
11 mourut néanmoins pendant la nuit.
A l'autopsie, on trouva un épanchement sanguin dans le muscle crotaphite; du côté gauche, fracture du crâne commençant en haut ^ du temporal du même côté , traversant la force temporale de haut t en bas, et d'arrière en avant jusqu'à l'os maxillaire supérieur, et revenant s'étendi-e en arrière à la base du crâne jusqu'au sommet du rocher; épanchement considérable de sang entre le crâne et la dure-mère.
Tout l'hémisphère cérébral droit est recouvei't, au-dessus delà dure-mère, d'un enduit sanguin; épanchement énorme de même nature à la base du crâne à droite et un peu sur les côtés du lobe ^ moyen du cerveau ; sérosité sanguinolente dans les deux ventricules latéraux.
A la jambe gauche, c'est-à-dire du même côté que la fracture du crâne, fracture des deux os; celle du péroné siège un peu au-dessous r de la tête; celle du tibia, un peu au-dessus de la malléole interne. Épanchement sanguin dans toute la jambe remontant jusqu audessus du genou.
OBSERVATION VI
Fracture du crâne allant de l'occipital à la partie moyenne du parié- Léger épanchement soiis-pie-mêrien dans la moitié postérieure des hémisphères. — Aucun symptôme de contusion ni de compression cérébrale. — Graves lésions abdominales.
(Fleqry fils, de Clermont-Ferrand. Journal des com. méd. cbir Août 1836, p. 99.)
Les détails sur la fracture du bassin, l'épanchement abdominal, ont été omis.)
Le nommé Girgue, âgé de 31 ans, venait au secours de son camarade, mais il n'arriva pas assez promptement pour l'aider à soutenir le tonneau, qui, après avoir écrasé la poitrine du pr,emier, le renversa à son tour et lui passa sur le bas-ventre.
Il est entièrement privé de connaissance lorsqu'on le reçoit à l'hôpital; la figure est décolorée, le pouls misérable: une plaie contuse existe à la région occipitale. — Le soir, les signes de la commotion cérébrale portée au plus haut degré. — Respiration calme. Meurt deux jours après.
Autopsie. — Une fracture assez étendue existe au côté gauche du crâne ; elle est sans déplacement et s'étend de l'occipital à la partie moyenne du pariétal.
La dure-mère est intacte. On ne trouve point de liquide dans la cavité de l'arachnoïde. La pie-mère a conservé sa couleur normale dans toute la partie du cerveau qui correspond à la moitié antérieure de ses hémisphères, ainsi qu'à sa base; les vaisseaux ne contiennent qu'une petite quantité de sang que l'en chasse en pressant légèrement avec le dos d'un scalpel.
Elle offre au contraire dans la portion qui recouvre la moitié postérieure des hémisphères, une teinte rouge assez uniforme qui est (lue à l'injection des capillaires, et à l'infiltration du sang qu'ils contiennent dans l'épaisseur de la toile celluleuse qui forme la pie-mère, f^etle couleur ne disparaît point lorsqu'on cherche à faire sortir le ■^ng qui distend les vaisseaux, et passant sur la face externe le dos (1 un mstrument. Ce liquide paraît combiné avec le tissu de la mem- 'ii'ane à laquelle il a communiqué sa couleur. La substance cérébrale placée au-dessous oflre une légère teinte rosée, qui paraît être
J'effet de l'imbibilion et de la transsudation du sang qui colore la pie-mère; elle disparaît si on la place sous un jet d'eau.
OBSERVATION VII
Lésion par contre-coup. — Héin. externe-pie-mérienne. — Importance de
V hémiplégie.
(MoRGAGNi, L. 51, p. 274, obs. 42. Emp. à Vasalva.)
Un homme âgé de 30 ans, attaqué d'un grand délire à la suite d'une fièvre aiguë, se jette à tei're par la fenêtre, et se blesse la partie gauche de la tête au-dessus du muscle temporal. Il ne parle pas; sa face est rouge; toute la partie gauche du corps reste immobile, si ce n'est qu'une ou deux heures après la chute, le pied se contracta légèrement, et s'étendit bientôt après pendant qu'on pansait la blessure. Après avoir vécu dans cet état jusqu'au troisième jour, il mourut.
Examen du cadavre. — Le crâne était fendu au-dessous du muscle temporal gauche; cependant aucune lésion sensible intérieure ne répondait à cette fente. Mais il y avait environ deux onces de sang épanché entre la dure-mère et la pie-mère, dans la partie opposée à la fente; en sorte que l'hémiplégie du côté gauche était produite par ce liquide lui-même, et non par la blessure du même côté ni par la fracture.
Les observations III et IV (111° groupe, 1™ variété) pourraient servir aussi à l'histoire de la contre-contusion.