CHAPITRE XI. — Influence des miasmes de l’état morbide
I.cs individus qui les produisent sont affectés de maladies ordinaires, ou de maladies infectieuses. Dans le premier cas, on observe les effets de l’encombrement, seulement plus accusés, et les épidémies qui en dépendent sont plus imminentes. Dans le second cas , les miasmes propagent les affections dont ils sont eux-mêmes le produit. Les miasmes variolique , rubéolique, scarlatineux, etc., sont dans ce cas : peut-être existe-t-il un miasme de la morve, ou, en d’autres termes, peutêtre le virus de la morve est-il volatil comme celui de la variole. Lorsque le typhus se déclare dans un hôpital encombré, les effets de l’encombrement s’accroissent dérnésurément des effets de l’effluence typhique. Les miasmes de l’état morbide, comme ceux de l’encombrement, pénètrent dans le sang par les voies respiratoiies surtout. Ce n’est pas à dire qu’il ne puissent pénétrer aussi par la peau, et, à la rigueur, par les voies digestives. L’exemple des soldats embarqués sur le navire \ Argo (Boudin ), et qui furent atteints de fièvres iymnhémiques graves, pour avoir bu de l’eau recueillie dans une
localité insalubre de la côte d’Afrique, prouve bien que si des poisons très énergiques, le venin de la vipère , par exemple (Fontana), et plus encore le terrible cuiare ( Bernard ) trouvent à la surface de la membrane muqueuse digestive, un invincible obstacle à leur pénétration, il n’en est pas de même du miasme paludéen. Mais la principale voie d’introduction de l’invisible poison est l’appareil respiratoire : le principe de mort se glisse avec le principe de vie.