‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 103 sur 341 · Le Bas, Hüt. rom., t. Il, p · texte numérisé non relu

Le Bas, Hüt. rom., t. Il, p

%. M. Gérôme n’eùt donc pu décemment comprendre ce Vettius parmi les roués interrogateurs de poulets, que son brillant pinceau nous montrait à notre dernier Salon.

lOi IMPOHT. HISTOK. — LES PREMIERS JOURS DE ROME

rendre invisible le grand principe des ténèbres. » Rector tenebrarum, a dit saint Paul.

Prefère-t-on à présent un analogue scientifique, quelque chose de plus naturel en apparence?

(( En septembre 18/i3, disent Annales scientifiques, un homme et sa femme sont simultanément foudroyés à Metz, sur la place Royale; la femme survit, mais l’homme disparaît complètement à tous les regards; ce n’est que dans la suite que l’on retrouve sa montre à l’une des extrémités de la ville, et l’un de ses souliers à l’autre. )>

Rejetez donc maintenant toute la personnalité de Romulus, faites-^n un mythe, parce que la foudre l’a traité comme elle en a traité tant d’autres !

On conviendra que cette explication est un peu plus rationnelle que la sotte invention qui nous montre chacun des sénateurs transformé en cannibale, emportant sous sa robe un petit morceau de son Romulus, sans que toute une armée enthousiaste et sous les armes ait pu en avoir le moindre soupçon ! Voilà des pères conscrits bien habiles et des légions bien aveugles ! Décidément M. Le Bas a raison, lorsqu’il dit : (( Cette explication aura été inventée par quelques incrédules. »

Hàtons-nous toutefois de quitter ces obscurités et de choisir parmi les faits incriminés celui qui déconcertait le plus notre grand admirateur des Annales, M. de PouiJly.

(( Les annales des pontifes, dit-il, rapportent que les dieux de Lavinium transportés à Albe, et gardés à vue, retournèrent d’eux-mêmes à Lavinium. » Nous convenons que nous ne connaissons rien de plus déconcertant pour toute l’école moderne, et que pour l’honneur et l’autorité des annales, si elles ont voulu parler d’un transport spontané de statues par elles-mêmes, c’est là ce que l’on peut appeler, à première vue, une vraie question de vie ou de mort.

Mais comment ne l’auraient-elles pas entendu de la sorte, lorsque Denys d’Halicarnasse, qui prétend les copier, détaille ainsi la chose : (( ... La nuit qui suivit la dédicace du temple, quoique les portes fussent bien fermées, ces statues disparurent... et on lés retrouva à Lavinium, sur leur ancien piédestal... On les rapporta une seconde fois de Lavinium au temple d’Albe avec des sacrifices et des prières propitiatoires, mais elles retournèrent comme auparavant au même endroit. Les Albanais furent longtemps en suspens sur ce qu’ils devaient faire, personne ne pouvant se résoudre ni à demeurer à Albe sans les dieux de ses pères, ni à retourner à Lavinium, ancienne demeure abandonnée. On prit enfin le parti de laisser les statues où elles étaient et de transférer quelques habitants d’Albe à Lavinium. On y envoya six cents

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