‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 105 sur 341 · IMPORT. HISTOK. — LES PREMIERS JOURS DE ROME · texte numérisé non relu

IMPORT. HISTOK. — LES PREMIERS JOURS DE ROME

ques années, à Khorsabad, ce même anneau, rivé sous le pied du fameux taureau que tout le monde connaît aujourd’hui^.

Cette découverte ramena la discussion sur ce point ; on peut la suivre in extenso dans le t. XLVII de la Nouv. acad, des Iriser, et Belles- Lettres. M. Raoul Rochette s’y signale, par-dessus tous les autres, par son luxe d’intuitions allégoriques: « Voyez, dit-il; Melkart^ dieu de Tyr ou l’Hercule national des Syriens, était un dieu solaire, on ne peut pas en douter. C’était donc en même temps le principe de la vie, le calorique-lumière. Eh bien ! Creuzer nous l’a dit; son idole était presque constamment enchaînée, fel cela signiMit probàblenierit le feusoleil, enchaîné tout à coup parles approches de l’hiver; c’était donc tout simplement ime affaire de solstice, dé mort et de l'ésürréction, ou bien encore l’indissoluble nœud qui relie le Démiurge créateur avec l’univers. » Pauvres allégoristes, que de soins et de travaux dont une seule minute de réflexion devait cependant faire justice ! En effet, du moment où les statues de Mars et de Vénus à Sparte, celle d’Énialus en Laconie, celle de Junon à Locres et mille autres portaient exactement le même insigne, il devenait impossible de leur faire signifier à toutes le solstice d’hiver et l’alliance précités. Le bon sens d’ailleurs criait bien haut qu’ordinairement on ne cachait pas les anaglyphes sous les statues, et précisément de manière que personne ne pût jamais les voir.

Mais si* le bon sens disait toutes ces choses-, l’érudition ne pouvait plus laisser aucun doute sur la pensée secrète des anciens à cet égard. Elle était tout entière renfermée dans ce passage de Diodore : « Les Tyriens, dit-il, enchaînent avec des chaînes d’or la statue d’Apollon sur sa base; car il était devenu suspect... et lorsqu’ après sept mois de siège Alexandre entra dans leur ville, son premier soin fut de faire délier le dieu qu’on appelle depuis ce temps Phil - Alexandre. » (L. XVII, 520.)

Quinte -Gurce (1. IV, ch. iii) dit exactement la même chose : a Ils attachent la statue d’Apollon par mesure de prudence, non contre les déprédateurs, mais contre les dieux eux-mêmes, contre ces dieux coureurs ou volages, toujours prêts à passer à l’ennemi ; ils attachent même Apollon par un lien d’or à la statue d’Hercule, comme s’ils voulaient le retenir à l’aide des forces de ce dieu. »

Ce qui fait dire judicieusement à saint Augustin (Cité, 1. I, ch. ii) : (( Comment pouvait-on adorer un simulacre, gardé par ceux qu’il ne voulait plus garder? »

\. Voir Lettres^ Paris, 1845, rapport, p. 68.

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