IMPORT. HISTOR. — LES PREMIERS JOURS DE ROME
une tout autre foudre maniée alors par des agents aussi puissants qu’intelligents.
Alors on s’apercevra de. la méprise qui nous avait fait transformer les Tullus Hostilius et les N uma en membres de l’Académie des sciences ; forcé de leur retirer leurs paratonnerre (hypothèse insoutenable), on leur rendra tout simplement ces rituels des falgurüores étrusques, composés uniquement de prières et de cérémonies (d’où vient le nom de la ville de Ceré), à l’aide desquelles ils forçaient Jupiter Cataibatés, à frapper leurs ennemis à distance, comme Porsenna frappait à l’aide du même moyen et de très-loin la terrible Volta qui désolait le territoire de Volsinium. « Rien n’égalait, dit Greuzer , la crainte et l’horreur dont se sentaient pénétrés ceux qui lisaient ces livres ^ )> C’était la le secret du respect et de l’effroi dont ces falguritores de Tarquinies pénétrèrent toute l’armée romaine, le jour où ils se présentèrent devant elle « comme des furies vivantes et avec des serpents dans les mains ^ ; » secret que Julius Capitolinus nous dit avoir été possédé plus tard par Marc-Aurèle ^ et que l’histoire nous montrera bien plus tard encore, appliqué par deux magiciens étrusques au camp d’Attila. On pourra reconnaître la parfaite justesse des distinctions antiques entre les foudres vaines et brutes et les foudres conseillères dont on se ménageait Y amitié et qui, tout à l’encontre des autres, se formaient au moment de tous les sacrifices, au milieu du ciel X^plus serein^, ne donnaient pas toujours de chaleur, étaient appelées à la signature des contrats ® et que Tacite nous montre chassées par les Ubiens (et probablement avec l’aide d’autres rites), à coups de pierres, de bâton et de fouet®... C’était, pour tout dire en un mot, cette variété de foudre que des savants ont vue de nos jours se promener innocemment sur la poudre et la respecter tout en brûlant les tonneaux qui la contenaient foudre toute capricieuse qu’Arago nous représentait « comme la pierre d’achoppement de tous les météorologistes de bonne foi ; » foiidi e dont
1. Creuzer [Religions dllalie, ch. iv, p. 473). M. Guignault ajoute en noie, avec raison : « Tous les passages des anciens, rassemblés par Butinger, prouvent que cet art consistait seulement en prières et en cérémonies conjuratoires. »