De la Justice dans la Révolution
116 IMPORTANCE THÉOPHILOSOPHIQUE, ETC.,
Bayle, ne craignit pas de le proclamer « le plus grand événement DE CE SIÈCLE*. »
Mais la logique de ce même siècle comprenait trop peu ou trop 6ten celle de Voltaire et de Bayle! elle détourna la tête.
Bien coupable si elle a feint de ne pas voir, bien aveugle si elle a pu ne pas comprendre : dans le premier cas, elle déchirait son drapeau (l’observation exacte) ; dans le second, elle compromettait son orgueil.
Mais non, si tous les effrois de la théologie n’étaient pas venus la glacer, la philosophie du xix' siècle n’eût jamais osé nier que ce ne fût bien là, par exemple, la plus belle application possible de son échelle des êtres et de ses lois de continuité.
« L’ordre le plus excellent, dit toujours le même père, résulte de cette échelle des êtres, lorsquelle est édifiée de manière que le point le moins parfait de l’être qui précède touche au point le plus parfait de l’être qui le suit. C’est la condition nécesssaire de l’immuable loi de tout ordre : ainsi donc, de même que Dieu a graduellement diversifié les espèces animales depuis l’aigle et la baleine jusqu’au plus petit ver de terre et au mollusque où finit toute vie sensitive, de même, afin qu’il y eût de l’ordre dans la nature spirituelle. Dieu a créé les esprits et en a diversifié les espèces, depuis le premier des anges jusqu’à l’esprit de l’homme, le plus faible et le plus imparfait de tous les esprits, celui dans lequel finit toute vie intellective. L’intelligence humaine ne reçoit donc qu’un pâle rayon de cette lumière divine, que le premier des anges reçoit en quelque manière dans toute sa splendeur, à cause de sa proximité avec l’entendement divin... 11 est donc certain qu’il existe dans la nature intellectuelle des substances parfaites qui n’ont pas besoin d’acquérir la science, comme l’homme, par le moyen des choses sensibles, et il suit de là que toutes les substances intellectuelles ne sont pas unies à un