Voir \ Introduction de notre Mémoire
ANTIQUITÉ
corps, mais qu’il y en a dans cette échelle des êtres qui sont absolument séparées du corps »
On sait que, sans attendre l’ontologie chrétienne, l’antiquité avait fait de la croyance aux esprits le premier de tous ses dogmes, après celui de l’existence de Dieu. Il nous sera facile de le démontrer plus tard : rien de plus faux que la fabrication progressive, dont on veut aujourd’hui que ce dogme primordial ait été le résultat. On insiste cependant et l’on dit avec une incroyable assurance : « L’homme, qui fait tout à son image, ne pouvait laisser le monde vide d'intelligences supérieures. Quand il voyait partout la nature se mouvoir avec ordre, ne pouvant se rendre raison des phénomènes, il se vit contraint d’inventer les démons; il eut l’idée d’animer la nature, et le monde devint pour lui le mélange inexplicable et mystérieux d’une infinité de puissances et d’intelligences diverses; plus tard (dit-on encore) , faisant un retour sur lui-même, et se trouvant à la fois bon et mauvais, il reporta cette division dans les puissances qu’il avait inventées; de là les bons et les mauvais génies, de là le monde partagé entre deux ordres de puissances absolument contraires et égales. Mais ce dualisme révoltant né pouvant soutenir le regard de la raison, il finit par arriver à l’idée de puissances subalternes, administratives, relevant les unes et les autres d’un Dieu créateur et souverainement intelligent. C’est ainsi que nous vîmes apparaître nos anges et nos démons modernes^, o
Dans ce peu de lignes est formulé ce qu’on pourrait appeler toute la théorie spiritogénique actuelle*.
Mais en dehors de toutes ces spéculations audacieusement gratuites, l’histoire parle à son tour et nous affirme, au nom de son infatigable expérience, que cette doctrine n’a jamais fait son entrée sur la terre qu’à la suite de phénomènes observés. C’est la théophanie, nous dit-elle à chaque page, c’est