Voir ci-dessus, ch. ii
J32 IMPORTANCE TH ÉOPH I LÜSÜP H IQ U E , ETC.
Avant tout, il faut respecter son principe, et surtout réfléchir bien longtemps avant de le poser.
Toujours est-il que cette psycholâtrie est l’élément le plus vital du panthéisme moderne. C’est d’elle que l’esprit d’erreur, après avoir ravalé l’homme jusqu’à la brute en le plongeant dans les boues matérialistes du dernier siècle , se prévaut aujourd’hui pour le poser en ange et en Dieu, en l’enivrant de prétendues facultés divines. Nous n’en sommes encore, il est vrai, qu’aux produits naturalistes de celles-ci ; mais laissez faire,- voici venir bientôt les facultés magnétiques, l’épopsie aulovirtuelle ^ de l’esprit, le psycho-biologisme^ de nos nouveaux docteurs, et quand le spiritisme, qui déjà pose un pied dans la science, les aura posés tous les deux, oh ! alors, nous serons tout à fait « comme des dieux, et nos yeux seront ouverts*; » l’auto-psycholâtrie* ne laissera plus rien à désirer.
En attendant cette apothéose, dont le règne absolu nous est promis pour les derniers temps et dont l’heure s’avance rapidement, tâchons de nous assurer, avant tout, si cette décevante espérance ne serait pas la reprise de quelque grosse erreur antique ; feuilletons un moment la gnose alexandrine. Au lieu de citer en pure perte saint Thomas ou le cardinal Bona à des éclectiques panthéistes, qui par exception refuseraient à la raison de ces grands hommes le reflet divin qu’ils accordent à la leur, il sera peut-être beaucoup mieux de les mettre aux prises avec leurs maîtres les plus respectés : ces maîtres sont Porphyre, Jamblique et Proclus, dont nous voyons revenir à grands pas les théories mystiques, en dépit de tous les rationalistes qui s’y opposent.
C’est Porphyre, disciple de Plotin, qui va soumettre à Anébon, prêtre, ou plutôt prophète égyptien, toute une série de