Adoration personnelle de notre âme
PSYCHISME ALEXANDRIN
problèmes sur l’action comparée des anges, des démons et des âmes
Nous nous contenterons de quelques-uns, et ce sera Jamblique, son disciple (auditor), Jamblique, le divin auteur « des mystères égyptiens, » qui, sous le pseudonyme d’Abammon, autre prêtre égyptien, se chargera de les résoudre.
Porphyre posait donc au prophète Anébon ( vrai ou sup¬
posé ) les questions qui vont suivre :
« Et d'abord, je vous demande, relativement à la connaissance de l’avenir, comment elle s’obtient. Je vois que les uns y parviennent en dormant... d’autres par l’enthousiasme et le rapt divin, et alors, bien qu’ils veillent, ils ne se possèdent pas comme à l’ordinaire.
« Quant aux extatiques , les uns le deviennent subitement comme s’ils entendaient un chant, un instrument, et c’est ce que nous voyons chez les corybantes et dans les fêtes de la mère des dieux.
« D’autres le deviennent en buvant de l’eau, comme le prêtre d’Apollon à Colophon, d’autres en s’asseyant à l’ouverture d’un antre comme la prêtresse de Delphes, d’autres en respirant les vapeurs d’une source comme à Branchis, quelques-uns par l’emploi de certains caractères suivis aussitôt d’iNSiNüATioNs spirituelles, d’autres en n’employant qu’eux mêmes, c’est-à-dire en se servant, soit des ténèbres, soit de quelques potions, soit de vers ou de toute autre composition propre à exciter leur imagination, et cela dans leur chambre ou en plein air, ou bien encore au soleil, etc.
« En un mot, je vous demande (ô prophète! ) quelle est la vraie cause de la prophétie 2.
Eusèbe {Prépar., 1. XIV, ch. x). Saint Augustin {Citëj 1. X, ch. 11). Theodoret {de Dûs malts). Marsilius Ficin, etc., citent des fragments de cette lettre, et le savant Gér. Vossius {de Sectis) dit à son tour : « Mon avis est qu’on ne peut trouver ailleurs un meilleur sommaire des croyances religieuses platoniques, chaldéennes. assyriennes et égyptiennes. »
2. On remarquera que jamais la réalité de cette prophétie n’est mise un
134 IMPORTANCE THÉOPH ILO SOPHIftU E , ETC.
« Est-ce Dieu, un ange, en démon, ou tel autre qui se
REND PRÉSENT DANS CES ÉPIPHANIES ET DANS CES PRONOSTICA- TIONS, ATTIRÉ COMME PAR LA NÉCESSITÉ DE VOS INVOCATIONS SACERDOTALES?
« Ou bien, est-ce notre ame qui, par sa propre force,
PROPHÉTISE ET IMAGINE CES APPARITIONS, DE SORTE QUE TOUT CELA NE SERAIT EN DÉFINITIVE AUTRE CHOSE QU’UNE INDISPOSI¬ TION ACCIDENTELLE (TtaÔv)) AMENÉE PAR QUELQUES EXCITATIONS LATENTES?
« Ou BIEN ENCORE SERAIT-CE UNE CERTAINE ESPÈCE d’HY- POSTASE^ MIXTE RÉSULTANT EN PARTIE DE NOTRE AME, ET EN PARTIE DE l’inspiration DIVINE?
A ces trois questions synthétiques Porphyre fait succéder cet aperçu physiologique : « que l’action des sens est souvent suspendue, ce qui paraît militer en faveur de la passion ou maladie anémique ; que les vapeurs et les fumigations ont une action si marquée que ce sont ordinairement les constitutions les plus tendres et les plus jeunes qui se montrent les plus aptes à la divination.
« Cette affection qui produit l’extase, dit-il. pourrait donc bien être due à une extase mentale ou à une folie pathologique causée elle-même par une surexcitation de l’imagination, et comme celle qui résulte de veilles prolongées ou d’excitations parmaceutiques.
« Tout cela tiendrait-il donc à la connexion symphatique de toutes choses et à la mutualité des présignifications ?
« Quant à notre démon propre, celui qu’on appelle le maître de notre maison personnelle, je soupçonne que ce pourrait bien être une certaine partie de l’âme (anima) , comme l’esprit, par exemple (mens), de sorte que le bon démon serait tout simplement un intellect plus sage que les autres «
On conviendra qu’il est impossible de poser la question psy-
seul instant en question. C’était un fait concédé par tous les systèmes, et, dans ce temps-là, cet assentiment général précédait toujours la discussion.