Ou état substantiel
PSYCHISME ALEXANDRIN
cho-pathologique d’une manière plus lucide et en termes plus actuels. On peut dire que l’on retrouverait ici, en outre de toutes nos doctrines magnétiques, celles de MM. Maury et Littré, si ce n’était la différence des prémisses surintelligentes, acceptées a posteriori par tes anciens, rejetées a priori par les modernes.
Mais voici venir encore une différence énorme : c’est que les premiers ne se contentent pas comme les seconds d’envisager un seul côté de la question et de restreindre toute la théurgie au seul état psychologique. Porphyre ne tombe pas dans cette étroitesse de vues que nous reprochions à ceux de nos adversaires qui supprimaient dans la question des tables et les soulèvements sans contact, et la culbute des meubles et tout le renversement des lois physiques, uniquement pour s’attacher à la seule face de la question, la psychologie, qui pouvait leur permettre une ombre de théorie.
Porphyre, qui voit tout et qui surtout veut une réponse à tout, remarque avec raison que les théurges font encore autre chose. « Après avoir invoqué les dieux, dit-il, ils se servent de certaines herbes ou pierres qui, dans leurs mains, acquièrent la propriété de nouer les liens sacrés ^ et de les rompre, d’ourvrir les portes fermées et de fabriquer des idoles au moyen desquelles ils obtiennent ces effets. »
Il devient évident que la théorie psychologique ne suffit plus à Porphyre. Alors il se retourne vers une autre — et, ce que les modernes ne font pas, — il prête une oreille très-attentive à la théorie qu’il voudrait le plus éviter. « Quelques-uns, dit-il, sont persuadés qu’il existe un certain genre d’esprits (spirituum) qui entendent tout ce qui se dit, esprits trompeurs, prenant toutes les formes, singeant de toutes les manières les dieux, les démons et les âmes des défunts, ne servant jamais à rien de bon, se jouant de tout, et barrant toutes nos tendances à la
1 . Rappelons-nous ce que nous avons déjà dit (dans la note sur les premiers siècles de Rome) sur ceux qui attachaient les statues.
13ü IMPORTANCE THÉOPHILOSOPHIQUE, ETC.
vertu; trompeurs éternels, nous tendant des embûches de toutes sortes [muUifarias) ^ et les basant en général sur nos propres convoitises.
« Je désire donc savoir ce que pensent les Egyptiens sur toutes ces choses. Croient-ils qu’elles puissent tenir à l’âme ou à quelque chose au-dessus de l’âme? Cela dépend-il d’un seul être, ou de deux ou de plusieurs? Y a-t-il là quelque action en outre de celle du démiurge ? Cette cause est-elle oii n’est-elle pas corporelle? Ne resterait-il plus enfin d’autre voie pour parvenir au bonheur que la théurgie prophétique? »
A cette consultation en règle, Jamblique va répondre à présent par la doctrine des Chaldéens, des Assyriens, des Égyptiens et d’Hermès.
«La meilleure manière de dissiper vos doutes, ô Porphyre, c’est de rechercher quelle peut être V origine de la divination et de bien vous prouver qu’elle ne peut dépendre ni des corps ni des affections corporelles, ni de la nature, ni de nos facultés naturelles, ni de l’invention des hommes, ni de leurs habitudes, et qu’elle est entièrement divine L 11 est vrai qu’elle se sert comme d'organes d’un grand nombre de toutes ces choses, mais ce sont là des causes secondaires, et celui qui les prend pour des causes premières, se trompe lourdement,
« Et pour parler d’abord de la divination qui a lieu dans les songes, il faut distinguer les songes naturels de ceux qui nous sont envoyés d’en haut; les premiers, provenant de notre âme, de nos pensées, de notre raison, de notre imagination et de nos préoccupations, sont souvent faux, se réalisent rarement, nous trompent la plupart du temps... Il n’en est pas ainsi des autres. Dans ces derniers, c’est entre la veille et le sommeil qu’un certain esprit incorporel se répand autour de notre couche, et, bien qu’il se dérobe entièrement à nos sens, se laisse percevoir d’une manière toute spéciale. Alors nous entendons des voix, ou nous sommes enveloppés d’une lumière douce et tranquille qui réconforte notre intellect... et ne nous permet plus de douter quelle ne soit un écoulement de rèpiphanie^- divine... Gardezvous donc d’appeler de tels songes un sommeil (dormitionem), puisque c’est une véritable veille, et que nous y voyons les dieux d’une manière
1 . De MysteniSj, sect. III, depuis le chapitre i jusqu’au xxxi®.