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Qu’il soit tel qu'il est ou ne soit plus du tout

2. Ceux qui, mieux inspirés, aéme’ient un commencement, M. Le Couturier, par exemple, exigent, pour le développement de ce mouvement par luimême, trois cent cinquante millions d’années, ni plus ni moins. Buffon se conlentait à bien moins. On pouvait traiter avec lui pour trente-quatre millions, deux cent soixante-dix ans et six mois! (Panorama.)

INTRODUCTION

orbites normales, pour amener, à une époque aussi reculée qu’on le voudra, mais à coup sur, Tanéantissement de toute la mécanique céleste.

Nous ne parlons ici ni de ces perturbations, ni de ces accélérations ou retards de pure apparence, que l’on croit remarquer dans la marche des planètes, vraies illusions d’optique résultant de nos positions respectives et de l’interposition des milieux. Non , l’affaire est infiniment plus grave; il s’agit, pour le coup, d’un lent effet des siècles et d’une tendance vicieuse dans la constitution de tout le système solaire.

Que l’on ne crie pas trop vite au blasphème ! Laissons Laplace constater lui-même la vérité dont nous parlons *• « N’y eût-il dans les espaces célestes, dit-il, d’autre fluide que la lumière , sa résistance et la diminution que son émission produit dans la masse du soleil doivent à la longue détruire l’arrangement des planètes, et, pour les maintenir, une réforme deviendrait sans doute nécessaire L »

Le mot est grave; on aime à entendre Laplace prédire une époque à laquelle le Créateur, bien loin de rester, comme il le dit ailleurs, à l’état « d’hypothèse désormais inutile^, » deviendrait forcément un sauveur désormais indispensable.

Or, il y avait, vers le même temps, un collègue de Laplace qui partait de cette vérité « évidente, » selon lui (celle du rétrécissement des orbites), pour appuyer son athéisme; nous l’avons lu dans un livre de science. C’était avec bonheur que Lagrange constatait ce germe de mort pour le monde, et cette maladresse inexcusable chez l'artiste divin, dont il niait en même temps l’existence... Mais un beau jour, 6 surprise l il s’aperçoit que ces perturbations se rectifient, que ces erreurs se corrigent, et que ces orbites rentrent dans leurs dimensions normales I 11 observe, il calcule et ne peut plus en douter : ces corrections sont périodiques, et, bien évidemment, quelqu’un veille au salut du grand œuvre... A partir du moment où ce réformateur aussi mystérieux qu’inattendu vient se révéler à lui, Lagrange se retranche dans le silence.

Dira-t-on que cette modification des forces émanait d’elles-mêmes et de leurs propres lois? On y gagnerait peu de chose; car alors on aurait une vérilableantinomie dans ces forces astrales, une sorte de palinodie physique tout à fait impossible, puisque nous verrions des fluides, pour

L Exposition du vrai système du monde, p. 282.

i. Mot cité par M. Littré dans sa brochure surla Philosophie positive.

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