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Le démon de la naissance

148 IMPORTANCE T H ÉOP HILOSOPHIftC E , ETC.

l’heure de notre naissance, mais bien celui qui accompagne Tàme nouvellement née et qui, par cela même, tire son nom du complément qu’il apporte à toutes ses puissances biologique, â7ro7r>.yipwTv:i; tûv tt.ç 'j'oyJÀç. Mais si le démon était une des parties de notre âme, il y aurait nécessairement autant de démons qu’elle aurait de parties ou plutôt de puissances. De là vient que quelques-uns lui en ont assigné jusqu’à trois. C’est encore une erreur, nous n’en avons qu’un seul, qui préside à la fois à tout notre être et qui nous est accordé par le Dieu tout-puissant , prince de ce monde^ et par l’entremise duquel nous invoquons le souverain maître de toutes choses. »

« Penser autrement, dit à son tour Proclus, et confondre ce^ange avec l’âme humaine, c’est vouloir exalter celle-ci sans mesure. L’homme étant une âme se servant d’un corps, le démon ne peut être la même chose, ni surtout l’âme raisonnable, bien que nous appelions l’esprit de l’homme génie, en raison de la ressemblance merveilleuse qui paraît les rapprocher lorsque l’homme mène une vie divine et ne cesse d’écouter son génie.

« Mais comme le génie humain change à chaque instant de manière d’être et de voir, nous serions obligé, s’il était notre bon ange, d’admettre ou des génies inconstants ou autant de génies différents qu’il y aurait eu de changements.

« Le démon n’est donc pas l’intellect, mais une substance différente de l’intellect... C’est pourquoi Platon, tout en appelant l’intellect le gouverneur de l’âme, appelle le démon son inspecteur et curateur, car c’est là notre unique providence.

1 . Jamblique, s’il avaitadmis la chute et le rôle que le prince de ce monde a rempli dans cette chute, aurait compris la vraie distinction du bon ange et du génie de naissance — penes nos natus — que le premier chasse par l’entremise du prêtre et par ces paroles si claires et si positives : « Sors de ce corps, de ce cœur, de ces organes, etc. », premier exorcisme sans lequel nous ne serions pas seulement privés d’un bon ange , mais sans lequel nous serions toujours possédés par un mauvais.

DE l’ange et de l’intuition MODERNE. 149

« En outre, l’ame rationnelle se laisse aller continuellement soit à la colère, soit à la concupiscence, et ne peut rien sur les choses accidentelles. Le démon, lui, n’a rien de commun avec toutes ces misères et a puissance sur tout le reste.

« Socrate avait donc bien raison de promettre à Alcibiade de lui faire connaître son démon, non par sa substance, mais par sa puissance... Car la puissance est entre l’essence et l’action ; partout cette puissance angélique est intermédiaire, elle joint le père à V intellect dans les choses intelligibles. En effet, sa puissance existe avec le père, l’intellect existe par le père... Les génies qui existent entre nous et Dieu sont partout les médiums de ce Dieu... »

On voit donc que si notre philosophie actuelle ne comprend plus l’ange gardien, ce n’est pas faute de le retrouver chez ses maîtres.

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