‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 138 sur 341 · Applications modernes · texte numérisé non relu

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Tl n’était pas plus difficile de retrouver les traces et même la démonstration d’une certaine classe de faits scientifiques enregistrés avec beaucoup de soin depuis cinquante ans par la science psycho-pathologique, sous les noms de folies sensoriales^ d'intuitions psychologiques^ de surexcitations psychiques, phénomènes qu’elle classe résolûment, et toujours, dans le cadre ou tout au moins dans le voisinage de ses folies et de ses hallucinations.

Empruntons-en la preuve au bel ouvrage de M. le docteur Brierre de Boismont, dont nous nous sommes occupé dans notre premier volume. Nous avions dit alors combien la foi chrétienne de M. de Boismont et les tendances naturelles de son esprit devaient le prédisposer à l’abandon de quelques méprises. On ne s’indigne pas aussi chaleureusement qu’il le faisait contre les hardiesses rationalistes qui vont trop loin, sans être au moins fort disposé au sacrifice de celles qui ne vont

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pas aussi loin (vous fussent-elles personnelles); pour notre part nous avons toujours été fort rassuré sur la venue plus ou moins prochaine de ces quelques corrections ; nous avons même plus d’une raison de croire que depuis 1853 ces dernières tendances que nous signalons ici pourraient bien avoir considérablement augmenté.

Toujours est-il qu’en 1 852 M. Brierre de Boismont rangeait déjà, avec un certain embarras, « les pressentiments ou les avertissements mystérieux du jour et de la nuit » sur le triste rayon dont nous parlions tout à l’heure.

« Les esprits froids et sérieux, dit-il, rejettent les pressentiments; les âmes sensibles y croient. Dans le plus grand nombre des cas, ils ne se réalisent pas; dans ceux ou l’événement les justifie 4 ils ne sont quune réminiscence^ une simple coïncidence; nous tdmbons tous d’accord sur tout cela... ))

La meilleure preuve qu’il manque au moins une voix à ce concert, et que dans cette première phrase c’est le vieil homme et le respect humain qui ont parlé, c’est la seconde phrase ainsi rédigée : « Il n’en est pas moins vrai qu’un événement imprévu, une préoccupation forte, une inquiétude vive, un changement subit dans les habitudes, font naître à l’instant dans l’esprit des pressentiments quHl serait souvent fâcheux de repousser avec une incrédulité systématique. »

Ici c’est le nouvel homme qui nous parle et qui a osé faire un grand pas dans la voie du courage ; seulement il ne faudrait pas rapporter de tels pressentiments à « une préoccupation forte, au changements des habitudes, etc., » car ce serait à l’instant même embrouiller sa pensée par la confusion de la cause et de l’effet, et par conséquent justifier cette incrédulité que l’on représente comme fâcheuse.

Ce courage de M. Brierre augmente avec la marche, vires acquirit eundo. « Les pressentiments, dit-il, s’expliquent donc, dans un grand nombre de cas, par des causes naturelles; mais sans être taxé de penchant au merveil-

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lèux, ne peut-on pas dire qu’il y a des événements qui semblent sortir des lois communes?... »

Oui^ certes, on peut, on doit le dire, et sùrtout lorsqu’on est médecin iiliéniste et qu’il s’agit de réintégrer dans la science un élément d’une aussi immense portée.

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