Météor., t. I, ch. vu
INTRODUCTION
M. Lecouturier ajoute comme une particularité très - remarquable n qu'on l’a vu s’arrêter et se balancer quelque temps dans le ciel*j)
Assurément il y a là, ne fût-ce qu’en germe, un commencement de réhabilitation pour la pierre d’Anaxagore.
Mais voici bien autre chose; jusqu’ici, tout indécises qu’elles fussent^ ces pierres finissaient toujours par tomber, tandis que, dans le fait qui va suivre, elles vont compléter leur délit de lèse-gravité au premier chef.
C’est encore à M. Babinet que nous laissons la parole :
(( On sait, dit-il, la théorie des aérolithes et des bolides que l’attraction oblige à se précipiter sur la terre... On vit cependant à Weston, dans le Connecticut, un immense aérolithe de dix-huit cents PIEDS DE DIAMETRE mitrailler toute une zone américaine et retourner au LIEU d’oU elle ÉTAIT PARTIE...
(( Le bolide en réchappa,)) continue-t-il. A merveille; mais l’attraction en réchappe-t-elle aussi bien? Nous en doutons. « Ce fut apparemment, dit-il, un effet combiné de la pesanteur do l’air et de sa résistance. » De mieux en mieux; mais par quel singulier caprice la mitraille qui se précipitait n’obéissait-elle plus aux mêmes lois? Songeons-y bien ; la pierre ici tombait en détail pendant que la masse remontait, genre d’attraction tout nouveau, qui permet aux objets de s’ envoler en raison directe de leur masse et de leur énorme pesanteur!
M. Renan doit être persuadé maintenant delà nécessité de tourner sa plume bien des fois avant de prononcer le mot jamais! Même en histoire naturelle, ce mot n’est pas plus inviolable que les lois. L’indéfectibililé prétendue de celles de la nature ne peut donc être valablement invoquée ni contre les miracles ni contre les prodiges, ni contre les faits merveilleux de l’occultisme.
Qu’il nous permette maintenant de le mettre aux prises avec ceux-ci.
LA SCIENCE ET l’ OCCULTISME i, — Savants inébranlables.
Remarquons bien toujours cet enchaînement étroit des idées. A la suite de cette même phrase dans laquelle M. Renan récuse, au nom des lois naturelles, « les miracles de l’époque de Tibère, » c’est-à-dire