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CHAPITRE IV

EXAMEN d’üN autre RAPPORT MÉDICAL SUR MORZINE.

A peine avions nous transcrit ces trois rapports, que nous apprîmes les nouvelles mesures prises par le gouvernement français à l’égard de Morzine. C’était, cette fois, un médecin de Paris (M. le D** C...) qu’on y expédiait ; le choix était probablement excellent au point de vue médical, mais au point de vue théophilosophique l’était-il également? Voilà ce que nous ignorons; ou plutôt, à quoi bon ce déguisement? Les conclusions verbales formulées par lui sur les lieux et depuis son retour nous font craindre qu’il ne se soit même pas douté un instant du véritable état scientifique de la question. 11 paraîtrait ignorer que dans les plus hautes régions médicales, et relativement à V occultisme, un abîme commence à séparer les appréciations toutes récentes de celles qui remontent seulement à quinze ans. Nous ne connaissons pas et personne ne connaît, il est vrai, le rapport de ce médecin, mais encore une fois, d’^après ses actes et ses dires, il est très-permis de supposer que fidèle à Esquirol, avant comme après sa mission, il tenait fort peu de compte des aveux, des amendes honorables, des hésitations doctrinales et , à plus forte raison, des conversions médicales très-complètes, opérées depuis vingt ans. S’il en était ainsi, peut-être regretterait-il un jour d’avoir attaché son nom à une œuvre que l’avenir pourrait bien démentir et classer parmi les œuvres de ténèbres.

Quoi qu’il en soit, nous sommes fâché que ce rapport n’ait pas paru.

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et s’il voit le jour avant la terminaison de ce volume, nous ne le clorons pas sans lui consacrer quelques pages ^

Provisoirement, sans blâmer ce médecin des mesures d’intimidation et de dispersion qu’il a cru devoir prendre, et qui souvent, en pareil cas, produisent de bons effets, nous regrettons qu’il ait été obligé, comme va nous le révéler un de ses collègues, de les effectuer aussi militairement, et d’avoir ainsi ajouté des désespoirs nouveaux à tous ceux qu’il ne pouvait adoucir. Nous le disons avec bien plus de regret encore, les renseignements les plus récents qui nous arrivent de ce canton, d’Annecy, de Genève, du pays de Vaud, etc., nous parlent de la tranquillité dont on jouit à Morzine aujourd’hui, à peu près comme les Anglais nous parlent de la tranquillité irlandaise, que l’on a fini par obtenir, grâce aux émigrations complètes et à rembarquement forcé des misères.

On nous mande donc aujourd’hui, 15 avril 1862, que les médicaments prescrits, soit à Morzine, soit dans les hôpitaux d’Annecy n’ont produit aucune espèce de soulagement, et qu’on a été obligé de les suspendre tous, même les pilules de mie de pam,. (Cette phrase vient de l’hôpital d’Annecy.)

Nous avons pu nous procurer, par des personnes qui doivent être très-bien informées, la statistique complète des pérégrinations imposées et des casernements particuliers à Annecy, àThonon, à la Roche, à Bonneville, à Ghâlons, Mâcon, ïournus, Gharolles, etc. Partout la même impuissance thérapeutique, si l’on en juge par les exilées qui, rentrées dans leurs foyers, éprouvent les mêmes souffrances et n’offrent, sous le rapport des crises, selon l’expression d’un médecin qu’on ne récusera pas, qu’une amélioration apparente.

Nous ne voyons d’exceptions à cette désolante persistance que pour les malades qui, exorcisées en 1858 et 1859 par les PP. capucins de Saint-Maurice en Valais, ne sont pas retombées, et pour celles qui, en 1861, fuyant l’hôpital de ïhonon pour recourir au même moyen, mais ne l’ayant employé que d’une manière incomplète, sont rentrées à Morzine guéries pour quelques mois.

A part cela, la maladie est toujours là, le virus spirituel ou matériel, comme on voudra l’appeler, l’agent insolite et perturbateur n’est pas expulsé et se cache toujours dans les profondeurs de tous ces appareils nerveux dont il s’est emparé..

C’est beaucoup, sans doute, d’avoir calmé ses manifestations par V intimidation, mais à quel prix ? Persécution et renvoi d’un pasteur

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