Liebig, Lettres sur la chimie
4. La seule chose bien certaine sur ce point, c’est que les animalcules «ccompagnent toujours la décomposition, que celle-ci diminue lorsqu’on les en sépare, qu’elle augmente lorsqu’on les lui rend (Liebig, ibid.), et que par conséquent ils ont toujours droit à une part de solidarité dans ces épidémies.
Nous essayerons un jour de développer ces idées dans un travail que nous appellerons : Nécessité de la filtration aérienne.
5. Ces deux dernières définitions, étant do nous, peuvent être contrôlées, sinon au fond, au moins dans les termes.
244 IMPORT. MÉI). — GÉNIES ÉPIDÉMIQUES
plier à plaisir, et ne nous montrer, en réalité, que les matériaux informes de cette Babel médicale qu’une nouvelle rafale emporterait chaque matin si, tournant sur sa base et obéissant au vent, elle ne le saluait pas toujours comme un sauveur déjà connu et comme un vieil ami retrouvé.
Pour mieux nous rendre compte de ce chaos étiologique, abandonnons donc, comme nous l’avons dit, la petite monnaie des maladies septiques, et bornons-nous aux grosses pièces ; cette restriction n’a rien d’arbitraire, soit au point de vue de la science qui ne voit dans les grandes pestes que le développement insolite des plus petites, soit à cet autre point de vue qui suppose pour les plus grandes Yadjonction d’une cause infiniment supérieure à celle qui développe toutes les autres.
Comme nous n’écrivons pas un traité didactique, on trouvera tout simple que nos réflexions s’appliquent à la fois à la peste, à la fièvre jaune, au choléra, etc., qui ne sont à nos yeux que les variétés capricieuses d’un seul et même genre épidémique.
— Étiologie, ou la science aux abois.
Pour commencer par les causes, comment celle « qui dispense de chercher toutes les autres, » selon le D** Pariset, c’est-à-dire la putréfaction, ne les aurait-elle pas constamment primées dans tout esprit philosophique, lorsqu’on voit le monstre s’élancer presque toujours sur la scène du monde des bords fangeux de la mer, des embouchures limoneuses des fleuves, des boues empestées des marais?
Le fait n’est pas douteux ; le berceau du choléra, c’est bien l’embouchure du Gange; celui de la peste, c’est bien le Delta limoneux de l’Égypte ; celui de la fièvre jaune, ce sont bien les criques, les anses maritimes du Nouveau Monde, c’est-à-dire tous les lieux bas et humides où les eaux stagnantes retiennent immobiles des masses de matières animales et végétales en décomposition.
Il est donc mathématiquement certain que nous sommes là dans l’antre du monstre, ou, pour parler comme la science, dans le foyer putréfié du génie épidémique.
Est-ce à dire que ce milieu soit ce génie? Est-ce à dire que ce dernier marche toujours et nécessairement enveloppé dans les éléments du premier? Non, il y demeure, il y vit, il peut sans doute les emporter avec lui, les exploiter, les utiliser, mais il en demeure parfai-