Coup d'œil sur la peste, par Clot-Bey
248 IMPORT. MÉD. — GÉNIES ÉPIDÉMIQUES
miasmes et effluves possibles, et surtout d’une simple émanation putridef Que devient la puissance et la vertu du contage apporté par une fleur, par un morceau de laine, par une lettre, lorsque, d’après Clot-Bey, M. Pruss vous a montré « les hardes et effets de plus de 50,000 pestiférés, vendus au Caire en 1835 et livrés à la consommation publique sans avoir amené un seul cas de contagion ; 500 couvertures de pestiférés non lavées et non désinfectées, employées à l’hôpital du Caire, avec la plus grande innocuité!... »
Évidemment ce n’est pas le poison qui est contagieux, c’est le génie.
Les anciens, sans nier la putréfaction alliée le plus souvent au génie épidémique, savaient distinguer deux ordres de corruption. Laissons parler un des pères de la sagesse médicale, celui qui déjà nous a donné une si bonne leçon sur les Esprits, le grand Ambroise Paré :
c( Or, si quelqu’un vouloit objecter, disant que si la putréfaction de l’air est cause de la peste, il s’en suivroit par nécessité qu’en tous lieux où il y a charognes, estangs, marescages ou autres lieux putrides la peste y seroit toujours, à cause que l’air reçoit facilement putréfaction, et aussi que toute putréfaction, quand elle est entrée au corps par inspiration, engendreroit la peste, laquelle chose est contre l’expérience, comme on le voit bien par ceux qui habitent et fréquentent ès lieux putrides, comme poissonneries, escorcheries , cimetières, hospitaux, cloaques et tanneries ; et aussi ès laboureurs qui manient et meuvent les latrines et plusieurs autres choses semblables. A cela faut respondre que la putréfaction de la peste est bien différente de toutes les autres, parce qu’il y a es elles une malignité cachée et invisible, de laquelle on ne peut donner raison, non plus que de l’aimant qui tire le fer ; or, la malignité occulte qui est en cette putréfaction pestiférée n’est point aux autres choses corrompues de corruption ordinaire, lesquelles toutefois, en temps de peste, se tournent facilement en semblable malignité, en corruption extraordinaires et du tout ESTRANGES L »
Fernel dit à peu près les mêmes choses. C’est la putréfaction ordinaire, exaltée par une aura maligna ou souffle malin qui s’en empare.
Frédéric Hoffmann nous montre le génie de la peste « installé, fondé dans la putréfaction la plus pénétrante, pestis, genius fundalus inpvir trefactione, » et il se rit des médecins qui font des fumigations contre un ennemi qui n’occupe que certains points de cette atmosphère, et