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LOIS PHYSIQUES VIOLÉES

comète épidémique dont TEurope a essuyé le premier passage en 18âl et 1832 et le retour en 1835, les contrées qui se trouvaient en dehors de Tellipse étant généralement préservées »

En 1847, retour par la même route, et séjour aux mêmes étapes, mais beaucoup moins prolongé. Chaque fois une épidémie de grippe très-intense précède le fléau.

Le fait seul d’un pareil voyage n’est-il pas déjà fort difficile à comprendre avec nos théories? Un miasme, un effluve, habituellement casaniers, s’imaginant tout à coup de ^'envoler et de marcher droit devant eux, comme Attila, jusqu’à l’extrémité de certaines contrées étrangères, et, parvenus là, inventant de revenir en sens contraire, mais toujours droit devant eux, jusqu’à ce que leur mission accomplie les ramène tout juste au premier point de leur départi... Comprend-on facilement tant d’obéissante persévérance et tant d’orientation géographique de la part d’une pure matière inanimée?

Et toutes les lois physiques, qu’en faisons-nous ici? Quel mode de translation adopterons-nous, qui puisse véritablement s’adapter avec elles? Avons-nous oublié que toute molécule répandue dans l’atmosphère ne peut la parcourir quà Vaide de vents, ou, lorsque ce parcours ne dévie pas dans sa route, à l’aide de courants atmosphériques? Où sont-ils donc ici? Où donc la météorologie a-t-elle jamais rencontré de semblables courants, et surtout un courant qui se retourne tout juste à la limite d’un monde pour ramener à point nommé son fléau au logis? Et s’il est démontré que non-seulement ces invariables courants n’ont jamais existé, mais que les vents les plus contraires n’ont jamais paru contrarier d'un seul jour la marche occidentale du choléra^... que dire?

Et d’ailleurs ce miasme et cet effluve, de quelle nature, de quelle matière inaltérable faudra-t-il donc les supposer pour résister à cette lutte de treize années contre toutes les causes possibles de dispersion et de disperdition ?

On ne réfléchit pas assez à toutes ces impossibilités. « La marche du fléau, dit M. le D*" Bruguières (l’un des médecins sanitaires envoyés par le gouvernement à Smyrne pour y étudier le choléra), la marche du fléau produisit en Europe une certaine émotion... Jusqu’ici je l’ai considéré, avec la plupart des auteurs, comme anime d’un mouvement de progression. 11 est vrai d’ajouter que cette hypothèse semble entraîner avec elle l’idée du transport d’un miasme ou d’un virus dont

1 . Rapport publié en 1849, à Genève, par le D* Marc d’Espine.

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