‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 200 sur 341 · FORCES OCCULTES REVENUES · texte numérisé non relu

FORCES OCCULTES REVENUES

Parmi eux, on peut citer le fameux docteur Samuel Johnson, mais surtout Mac-Aulay, missionnaire de TÉglise anglicane, qui s’était rendu aux îles Hébrides en 1758, muni des instructions les plus détaillées et les plus sages, dans le but de constater l’imposture.

Or, dans cet archipel de petites îles, qu’on appelle Hébrides, et qui toutes offrent à l’observateur un vaste sujet d’études spirito-magnétiques, il en est une* qui l’emporte sur toutes les autres par l’intensité de ses prodiges ; c’est l’île de Saint-Kylda.

« Toutes les fois, dit Mac-Aulay, qu’un étranger débarque dans l’île de Saint-Kylda, une maladie locale, nommée le mal du gouverneur, attaque les habitants. » Le troisième jour, en effet, après son débarquement, quelques uns des indigènes manifestèrent des symptômes évidents de la maladie contagieuse, tels que le froid excessif, l’enrouement, la toux, etc. ; toute la petite communauté fut infectée de cette épidémie. Pour sauver l’honneur de son scepticisme, Mac-Aulay fit une sorte d’enquête auprès des personnes qui, n’étant pas nées à Saint-Kylda, habitaient seulement l’île depuis longtemps : leur témoignage se joignit à la conclusion de ses propres sens. Toutes avaient fini, dans un intervalle plus ou moins long, par s'acclimater dansl’île, c’est-à-dire par gagner, comme les autres, le mal du gouverneur, quand le hasard conduisait un étranger dans l’île de Saint- Kylda.

L’influence était réciproque. Mais, il faut le dire tout de suite, cette épidémie matérielle, à son début, n’était, en général, que le premier symptôme d’un état très-mystérieux qui se reliait bientôt à tous les phénomènes de seconde vue, d’apparitions, etc., qui font comme le fond de la vie dans ces mêmes îles. M. Delrieu^ rapproche avec raison ces phénomènes de faits du même ordre et [surtout de certains développements psychologiques anormaux observés scientifiquement, soit dans les épidémies de Cadix et de Malaga, soit dans celles des bords du Gange et des marais de Bucharest, faits que des savants du premier ordre essayèrent d’expliquer par l’effet du gaz de ces fièvres sur le système sanguin, et que nous serions bien tenté d’expliquer à notre tour et à nos risques et périls, ainsique l’influence si singulière des étrangers à Saint-Kylda, par l’invasion et l’antagonisme des génies du lieu et des génies étrangers.

Enfin, nous trouvons aujourd’hui même (25 mars 1861) dans la Revue spiritualiste, p. 167, une lettre charmante du plus spirituel

4. Dans un article excessivement curieux publié^ en juillet 4839, dans la Revue de Paris.

IMPOHT. MED. — GÉNIES ÉPIDÉMIQUES

des savants, de feu M. Jobard, le directeur du Musée industriel de Bruxelles, et nous en extrayons ces paroles :

(( Ne croyez pas que ces esprits soient étrangers aux phénomènes météoriques et psychiques ; ce sont eux qui répandent ces terreurs paniques qui mettent des armées en déroute, qui sèment le choléra, la suette et la peste sur leur passage. Les savants ne savent pas que ce qu’ils appellent miasmes, typhus, épidémies, ne sont que des invasions d’esprits barbares sous la conduite de quelque Attila fluidique. ))

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