Malignités pathologiques et divines des anciens
Et pour tout résumer en un mot, nous appellerons tout cet ordre d’influences tI Ôeiwv, car il est temps d’y arriver, et de bien établir que c’est encore le père de la médecine qui peut nous ouvrir aujourd’hui la plus sûre de toutes les voies.
(( Observez bien, avait dit Hippocrate, si dans la maladie il survient quelque CHOSE DE DIVIN, tI Gsuov; » et los disciples modomes du grand maître, tout en inclinant leurs fronts et en découvrant leurs têtes devant ses oracles, s’évertuent depuis un siècle à détourner le sens de sa parole si claire, avec le même zèle et le même bonheur qui leur fait détourner le sens du tI Ûccwv ou du démon de Socrate. Vains efforts! malgré quelques contradictions apparentes d’Hippocrate, contradictions que nous tâcherons de concilier plus tard, nous sommes de l’avis de M. Littré lorsqu’il avoue généreusement « qu’il n’y a pas moyen d’éviter la traduction littérale; » et nous croyons avec Galien {Com. 1, ui Profjn. xviii), que le Osuov doit s’entendre du génie épidémique qui produit ces maladies.
Nous croyons, avec le D*’ Chailly (trad. du Traité des airs et des eaux), qu’à l’art. 12 du ch. ii, au lieu de lire, « convulsions dont on attribue la cause à l’enfant il faut lire, fîatp.oviov, au dé¬
mon, sens qui se lie au reste de la phrase. »
Enün, nous applaudissons à M. le D** Daremberg lorsqu’il disculpe ce grand homme d’avoir cru faire cesser la peste d’Athènes en allumant de grands feu , « attendu, dit M. Daremberg, qu’il devait savoir comme nous ({ue les grands fléaux ne se laissent pas détourner par l’art humain et qu’ils poursuivent leur cours en dépit de tout ce qu’on peut leur opposer. » {Notice sur Hivp., p. xxviii.)
Cette opinion, attribuée à Hippocrate par Galien si rleTt Oeiwv, ou génie épidémique, était celle de toute l’antiquité. C’est elle qu’il faut maintenant écouler, et comme doctrine, et comme histoire.