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Guerre des Goths, 1. VU

IMPORT. MÉD. — GÉNIES ÉPIDÉMIQUES

Maintenant ce sont les spectres qui s’en mêlent.

Tantôt c’était la fée Até, cette fée précipitée sur terre par Jupiter, tantôt c’était la déesse Thermuthin ou Pestiféré, que l’on prenait sur le fait.

De là la conviction et la science certaine avec lesquelles les voyants prophétisent la date et les sévérités des invasions. Le fameux thaumaturge Abaris en annonce plusieurs et toujours au nom des dieux

L’une des apparitions les plus terribles, quoique les plus fréquentes, était celle d’Hécate, ce monstre au triple visage qui se tenait ordinairement dans les carrefours.’ C’était elle qui était censée envoyer tous ces fantômes. A son approche, la terre tremblait, on voyait cette espèce d’éclairs que Sénèque appelle feux sacrés, et surtout on entendait les rugissements des chiens qu’elle traînait toujours avec elle. On l’appelait alors Empuse

Quand ce n’était pas Hécate qui se laissait voir, c’était Y exterminateur lui-même, YAbaddon des Hébreux, et YApollyon des Grecs.

C’était principalement à midi que ces démons pestiférés se laissaient percevoir. On appelait cela leur symptôme, GovTrTwjjiaTa, c’està-dire ce qui arrive en même temps

C’était une spécialité de ces spectres-bourreaux que la science renferme aujourd’hui dans la grande catégorie de ses délires, mais que tout le monde percevait alors au milieu de la santé la plus belle, avec lesquels on vivait, on mangeait, on marchait, et que l’on reconduisait, comme nous l’avons déjà dit, quand l’heure était sonnée, jusqu’au bord des abîmes qui se refermaient sur eux.

En nous décrivant la fameuse peste de Justinien, Procope nous montre encore une fois toute une collection de fantômes frappant, sur la place publique, tous ceux qui allaient s’en trouver atteints incontinent, et cela tout aussi bien pendant la veille que pendant le sommeil. Les pauvres patients se lamentaient des tortures infligées par ces fantômes

Maintenant, tout en acceptant la réalité subjective ^ de ces appari-

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