‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 22 sur 341 · NOTRE SIÈCLE · texte numérisé non relu

NOTRE SIÈCLE

Mais voyez ce que c’est de ne rencontrer la vérité que sur le terrain du faux! A la tête de quel ouvrage, s’il vous plaît, M. Littré, qui ne voit dans tous ces phénomènes qu’un état pathologique et passif, vient-il placer une telle introduction ? Précisément à la tête du livre destiné à la démonstration de la jonglerie antique et de l’adresse avec laquelle la magie se trouvait exploitée par un sacerdoce aussi fourbe que savant!...

Aussi, M. Littré sent-il si bien son inconséquence, qu’il commence par implorer l’indulgence de ses lecteurs pour l’ami ou plutôt pour Vennemi qu’il réédite. « A l’époque, dit-il, où M. Salverte fut conduit à écrire son livre, sous le souffîe philosophique du xviii* siècle, c’està-dire alors que, tout en acceptant la réalité de bon nombre des récits merveilleux transmis par l’histoire, on refusait de croire à aucune merveille, que lui restait-il? Une impasse, si l’hypothèse d’une science perdue, capable d’expliquer tout cet ensemble de récits, n’était venue à son secours. »

Vous l’entendez, sans cette science perdue, une impasse. Or, comme quelques pages plus haut M. Littré a grand soin de nous dire et de nous prouver que cette même opinion d’une science perdue « n’a pu résister à la critique, que c’est une hypothèse à laquelle tous les appuis ont manqué et qui ne peut servir à rien édifierS » nous ne voyons pas qu’il nous reste autre chose que l’impasse annoncée. Cependant, frappé lui-même des dangers solidaires qui menacent également le livre et son introduction, nous le voyons essayer d’un tiers parti qui consisterait dans la distinction des sciences et des arts et dans le refus que Ton peut faire à l’antiquité des premiers, tout en lui accordant les seconds*. Mais cette distinction par trop subtile ne lui servirait à rien, puisque d’un bout à l’autre du livre de Salverte

L Introd. ibid., p. H.

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