Les Esprits
Mais en dehors de la grande et triple unité, ou plutôt parmi les titres qu’on lui donne, il en est un tout spécial qui paraît contredire d’abord sa majestueuse simplicité : c’est celui de « Dieu des dieux et de Seigneur des seigneurs »
Qu’est -ce à dire? Après avoir fait autour de la divinité, d’un consentement unanime, le vide absolu que sa nature infinie réclame , après avoir banni des cieux toute cette aristocratie, objet de nos anathèmes, va-t-il donc falloir que, par respect pour quelques métaphores bibliques, nous rassemblions à nouveau, autour du trône divin, toute une cour de divinités secondaires et suspectes?
Pour toute réponse, interrogeons la Bible ; la Bible, l’autorité par excellence, car M. le docteur Littré nous l’affirme: « Les livres des Hébreux sont les plus lointains des monuments écrits que nous possédons, et par delà il n’y a plus que des légendes, des traditions, des conjectures®... »
M. Benan n’est pas moins explicite : « Si nous envisageons dans son ensemble le développement de l’esprit hébreu, nous sommes frappé de ce haut caractère de perfection absolue qui donne à ses œuvres le droit d’être regardées comme classiques... Seul, entre tous les peuples de l’Orient, Israël a eu le don d’écrire pour le monde entier®. »
Nous sommes donc ici, on nous l’accorde, non-seulement sur le plus ferme de tous les terrains , niais sur le seul qui puisse l’être, heureuse et consolante exception réservée au seul trésor et au seul gage de nos plus belles espérances !