LES ESPRITS
cités, à tous les fils de Dieu, leurs frères ou leurs pupilles , en un mot, à toutes les créatures, fussent-elles inanimées, la divine influence qu’ils viennent de puiser à sa source et qui ne craint pas de se confler elle-même à leurs soins.
Quant h leur nombre, c’est celui de la grande armée des deux (sabaoth), armée plus nombreuse que celle des étoiles, armée que le prophète Daniel dénombre par « millions et centaines de millions, » pendant que l’apôtre, plus enthousiaste encore, n’hésite pas à changer ces millions en myriades et en « myriades de myriades'^. » Job déclare à son tour que « il n’y a pas de nombre pour cette milice, » et saint Jean l’aréopagite affirme l’insuffisance de tous les nombres matériels pour définir celui de ces divines phalanges.
A la splendide glorification des saints anges par les Écritures, la théologie fait succéder la sienne et nous montre « ces lumières raisonnables^ » constituant chacune une espèce*, contenant dans leur vertu telles ou telles parties de la nature, couvrant d’immenses espaces, bien que d’une étendue déterminée, résidant, tout incorporelles qu’elles soient, dans des limites circonscrites, se transportant d’un lieu dans un autre par mouvements locaux, successifs, plus rapides toutefois que la lumière et la foudre, disposant de tous les éléments de la nature, produisant à volonté d’inexplicables mirages, tour à tour objectifs et subjectifs, parlant aux hommes un langage tantôt articulé, tantôt uniquement spirituel , s’éclairant mutuellement et se communiquant leurs idées par leur volonté simple.
Aux propriétés naturelles de ces surnaturelles créatures viennent s’adjoindre ensuite celles que la Divinité leur octroie. Alors nous les voyons « ornées, comme images de Dieu. » de propriétés déiformes'^, s’élever des prodiaes qu’elles opèrent