MOÏSE ET LES EMPRUNTS MAZDÉENS
en tête de laquelle se trouve formulée la même assertion à peu près dans les mêmes termes.
On n’apprécie pas assez la gravité de cette erreur de chronologie dogmatique ; on ne voit pas la solidarité de tous ces paradoxes et la nécessité logique qui mène de l’emprunt angélique à l’emprunt de toutes les doctrines messianiques. Nous allons le constater.
Heureusement, il n’est rien de tel que l’erreur pour se contredire elle -même, et rien de tel que ses contradictions pour en finir avec elle. Essayons et commençons par M. Munck.
M. Munck, hébraïsant aussi habile qu’Israélite sincère, oubliant que « noblesse oblige , » commence par faire la plus belle part au préjugé moderne. « Dans le sévère monothéisme de Moïse, dit-il, il y aà jieme de la place pour les anges. Leur existence n’est pas un dogme de la religion mosaïque... Si Moïse parle quelquefois de messagers, on voit dans ces messagers de Dieu les éléments, les facultés de la nature et les phénomènes qu’elles produisent. Ce n’est que plus tard, pendant la captivité de Babylone, que se forme la théorie des anges par l’influence des mages. Les anges , divisés en bons et en mauvais, reçoivent des noms, on leur attribue des fonctions, et c’est alors seulement que nous voyons paraître Satan (l’Ahriman des Perses); ensuite, à la tête des bons anges, on plaça sept princes ou archanges; ce sont les sept amschaspands, dont le premier est Ormuzd, etc., etc.^ »
M. Reynaud, à son tour, et tout en admettant par exception la possibilité de ces essences spirituelles, n’évite pas l’erreur commune. « Ce n’est pas en Terre Sainte, dit-il , qu’il faut aller pour en trouver les origines, c’est en Médie et au delà... Ce ne sont, au fond, que les férouers de l’ancien mazdéisme. Ouvrez les Naskas, et vous y verrez dans leur splendeur primitive tous ces fantômes célestes : « J’invoque et je célè-