‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 234 sur 341 · MOÏSE ET LES EMPRUNTS MAZOEENS · texte numérisé non relu

MOÏSE ET LES EMPRUNTS MAZOEENS

Cette réserve n’est plus tenable, lorsqu’on reconnaît, comme le fait l’auteur, que « la création des férouers, si analogues aux anges gardiens des Juifs, peut faire supposer que l’influence juive n aurait pas été étrangère à la formation du mythe mazdéen^. »

Elle l’est encore moins, lorsqu’on reconnaît que dans les zends « la création et son ordre sont évidemment imités de celle de Moïse, » et que toute la scène du paradis et celle de nos premiers parents sont des légendes dues à r influence juive^.

On conviendra que c’est avouer généreusement sa défaite absolue sur tous les points, et, ce qui est plus méritoire encore, que c’est braver courageusement toutes les colères d’une école pour laquelle le contraire « ne fait même plus l’ombre d’un seul doute. »

Assurément il y a loin de ces derniers travaux à l’antériorité que M. Maury veut accorder aux démons grecs sur les nôtres, et certes il ne serait pas difficile de ranger ce savant à son tour parmi les indécis, lorsqu’on lit dans son article Anges de V Encyclopédie moderne : <i Les anges avaient été chez les Hébreux un dernier lambeau du polythéisme... Tous les peuples de l’Asie ayant débuté par ce dernier état, et n’étant arrivés au monothéisme que par le développement lent et gradué de la raison humaine, il est probable que par l’expression cosmogonique d'élohim on entendait Dieu et les anges. C’est en effet la supposition la plus vraisemblable... La création du monde par les anges, codivinités de Jéhovah, nous paraît donc, nous le répétons, le dogme antérieur à la Genèse chez les Israélites, comme celui des amschaspands auxiliaires d’Ormuzd, chez les Mazdéens, etc. »

Donc, encore une fois, pas la moindre trace d’un emprunt, et lorsqu’on veut faire naître le mot démons (^aip-ove;) sous les arcades du portique, c’est une pure querelle de grammaire et

Page 1