Voir notre premier chapitre, p
DES ESPlUTS AVANT LA CULTE.
De cette confusioir de termes il ne pouvait sortir qu’une confusion beaucoup plus grande de déductions et de conséquences.
Effectivement , pendant cinq ou six séances nous entendons M. Renan soutenir avec raison que la grande distinction subsistante entre les races sémitiques et les autres était « la prédication et la fondation du monothéisme » par les premièi’es.
Mais lorsqu’on lui demande quel pouvait être le principe générateur de cette mission spéciale, il essaye d’abord et sans succès (il le reconnaît lui-même) de l’attribuer « à la supériorité d’intelligence de ce peuple, et à sa vigueur de spéculation; » mais comme il ne tarde pas à trouver ce même peuple un des moins doués pour la science et le plus obstiné gardien « de son idéal antérieur, » il se rejette sur l’influence personnelle de Moïse; de là nouvelle difficulté lorsqu’il s’aperçoit que ce grand homme ne s’appuyait jamais que sur la tradition « du Dieu de ses pères. » L’emprunt égyptien , il est vrai , pouvait lui venir en aide, mais comment y penser lorsqu’il voit si positivement « ce même Moïse ne s’occuper jamais que de la destruction de tous les souvenirs de l’Égypte? »
Qu’est-ce donc, encore une fois, qui pouvait rendre les Juifs seuls adorateurs d’un seul Dieu?... C’est alors que, de guerre lasse, M. Renan invente cette raison magnifique , fondée sur « les instincts les plus profonds de leur constitution intellectuelle, . . . sur une aptitude toute spéciale, . . . sur leur constitution psychologique; et lorsqu’on cherche avec lui la raison probable de cette constitution psychologique si spéciale, il vous répond solennellement : « Influence du désert... le désekt