‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 248 sur 341 · EST MONOTHÉISTE · texte numérisé non relu

EST MONOTHÉISTE

Jusqu’ici l’Académie laisse passer;... elle ne trouve rien à répondre. Plus tard seulement, quelques catholiques se permettent d’objecter tous les polythéistes du désert, y compris les Juifs qui, dans ces grandes solitudes et sous la vei’ge de Moïse, sont toujours au moment de retomber et retombent trop souvent dans l’entraînement de ces pratiques défendues.

DlEfl ET LES RIEIJX A L INSTITUT.

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Mais comme ces questionneurs catholiques ne sont pas de rinstitut, ils n’ont pas encore obtenu leur réponse^.

Par contre, chacun des collègues de M. Penan s’évertue à lui montrer la notion monothéiste établie chez tous les peuples du monde; M. de Rougé la lui montre sur les bords du Nil, explicitement professée dans cette inscription : « Le Générateur existant seul, qui a fait le ciel et la terre. » ^

M. Villemain retrouve la notion d’un seul Dieu dans le C/ironos de la Grèce, et dans l’omnipotent Jupiter des Latins... M. Ravaisson la lui montre dans la religion de Zoroastre, M. Regnier dans le Varouna des Védas, un autre dans le Thien ou seul Grand des Chinois,... etc.

A toutes ces objections trop catégoriques M. Renan a beau répondre avec infiniment de science et d’esprit, il ne peut venir h bout de l’évidence, et retourne tout seul dans son désert^ dont l’influence, si lumineuse à ses yeux, ne l’aura pas mieux éclairé, nous le craignons, sur la notion du vrai Dieu.

Quoi qu’il en soit, le monothéisme et le polythéisme primitifs sont sortis de cette séance, constatés chez tous les peuples du monde. Par conséquent nous brouillons tout lorsque , confondant ce polythéisme orthodoxe avec l’idolâtrie qui n’est que le polythéisme sacrilège, nous faisons consister la grande distinction religieuse entre la race juive et les autres dans la notion d’i^n seul ou de plusieurs dieux. Et personne ne s’est trouvé là pour signaler cette confusion ! On s’est contenté de signaler la simultanéité de deux croyances, sans chercher dans quel double sens le polythéisme était tour à tour orthodoxe et hérétique.

\ . Cette réponse, nous la trouvons péremptoire dans un excellent discours sur le Dépérissement des races, prononcé, le 7 juin 1860, par M. le D*’ Boudin, à la Société d’anthropologie. « L’histoire, dit-il à la fin de son discours, nous montre les peuples d’une même race professant les religions les plus opposées, et subissant les changements les plus radicaux dans leurs cultes, preuve évidente que la race, aussi bien que les conditions géographiques, est sans influence aucune sur les croyances des peuples, a

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