Isaïe, ch. xiv
cer avec fidélité leur principe originel. Leur perfection est de s’approcher de Dieu par une courageuse imitation, et, ce qui est plus sublime encore, de se rendre ses coopèrateurs,... l’existence de ces créatures étant due à une participation de la Divinité qui s’est communiquée à elles »
Quatre siècles après ce grand maître, saint Augustin disait :
« [^es choses ont été plutôt créées dans les esprits angéliques que dans la nature, c’est-à-dire que les anges les ont connues dans leurs idées, avant qu’elles fussent en existence actuelle^. »
Écoutons maintenant saint Thomas : « Si Dieu a établi que ces mêmes effets, produits immédiatement par lui la première fois comme cause première seraient dans la suite des temps produits par les causes secondes , il n’y a pas été obligé par la nécessité , mais poussé par sa bonté , afin de partager avec ses créatures le grand privilège d’être cause^. »
Et comment les anges seraient-ils toujours demeurés étrangers à l’œuvre incessante de celui qui s’appelle « l’Ange du grand conseil, » et qu’ils regardent comme leur chef et comme leur tête, caput angelorum et magni consilii angélus?
On reconnaît encore ici ces forces ou idées incorporelles de Philon et de Platon, « véritables intelligences envoyées pour informer la matière. »
Nous ne pouvons mieux terminer ce paragraphe que par un emprunt fait à un manuscrit inédit , émanant de l’un des hommes les plus distingués et les plus haut placés de notre siècle.
Nous espérons qu’une œuvre aussi remarquable ne restera
1. {Hierarch., p. 196.) Voir, pour l’identité si contestée de saint Denys l’Aréopagite avec notre premier évêque de Saint-Denis, le lumineux et tout récent ouvrage de M. Failon, la Magdeleine du P. Lacordaire, et la nouvelle Vie des saints de France, par M. Barthélemy. Dans tous les cas, un auteur si sublime et en même temps si simple , si pénétrant de vérité, se donnant pour un contemporain de saint Paul et pour son condisciple, est-il possible que la critique moderne ait osé préférer à de telles affirmations, et à dix-huit siècles de distance, les chicanes d’un Baillet ou d’un Launoy?