‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 275 sur 341 · TITANS ET GÉANTS · texte numérisé non relu

TITANS ET GÉANTS

Chez les Sabéens, le chef de ces esprits des planètes s’appelait Schemal, et M. Chvvolsohn le regarde comme une divinité particulière qui gouvernait la terre Ce nom de Schemal rappelle tout à fait celui de Samaël, le chef des démons du Talmud, ce grand serpent à douze ailes, identique à Satan, et qui entraîne dans sa chute tout le système solaire, c’est-àdire les Titans.

Les Suras et les Asuras du Mahahharalâ des Hindous jouent exactement le même rôle que ces Titans de la Théogonie d’Hésiode.

Toutefois, il faut bien se garder de confondre ces premiers Titans uranides ou célestes, soit avec les seconds Titans ou géants antédiluviens, soit avec les troisièmes géants postdiluviens, qui paraissent devoir se rapporter aux descendants chamites, et par extension aux damnés. Le rôle des Titans, ennemis de Chronos, est aussi élevé au-dessus des deux autres que celui des puissances cosmiques brisées par Jéhovah est au-dessus de ces hommes fameux qui furent ensevelis dans les eaux du déluge ou dispersés à Babel.

La fable ne les confond pas plus que la Bible ; et lorsqu’elle nous montre d’abord Chronos mutilant Uranus, et plus tard, comme nous allons le voir tout à l’heure, Jupiter révolté contre son père, jusqu’au jour où ce même Jupiter, prince de l’air et du monde, sera.rejeté dans le Tartare par une femme et un enfant, elle ne mérite plus le nom de fable, mais elle s’élève jusqu’au summum des plus anciennes et des plus imposantes traditions théologiques.

Il est vrai qu’Hésiode et la plupart des mythographes ne comptant que six Titans, on pouvait hésiter beaucoup avant de les assimiler à nos sept recteurs; mais la même explication revient toujours : six ou sept, suivant que vous comprenez ou ne comprenez pas Ormuzd parmi les sept amschaspands ou Phtha parmi les sept cabires.

1. Agriculture des Nabathéens, t. K, p. 217. Nous en parlerons plus tard.

D’ailleurs, nous lisons dans V Encyclopédie des gens du monde, article Titan, « qu’un autre fragment mythique en mentionne un septième, et que ce septième s’appelle Phoreg.»

Franchissez maintenant trente siècles environ, et vous trouverez qu’il n’y a pas loin de ces uranides et de ces chronides révoltés et célestes à ces « malices atmosphériques » auxquelles le sceptique Bayle trouve ridicule de ne pas croire. Voici ses paroles : « Il se trouve dans les régions du ciel des êtres puissants qui étendent leur empire aussi bien que leurs connaissances sur notre monde,... et comme on ne peut nier qu’il y ait sur la terre des êtres envieux, méchants, vindicatifs,... on se rendra ridicule si on ose nier que, outre tous ces êtres, il y en ait d’autres qu’on ne voit pas, et qui sont encore plus malins et plus habiles... (Art. Spinosa, note.)

Ainsi donc, qu’on les écrive en français, en grec, en copte ou en sanscrit, il faut toujours confesser les mêmes vérités quand le bon sens privé s’accorde aussi bien avec la tradition universelle. D’ailleurs, il le faut bien : ôtez la chute et la faute de ces grandes puissances mauvaises, et voici Dieu convaincu du même coup d’avoir brisé, souillé ou perturbé à lui seul toutes ses œuvres! — Choisissez...

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