M. Figuier et son histoire du merveilleux
Il semblerait, d’après tout ce qui précède, qu’il devient parfaitement inutile de s’occuper de M. Figuier, dont tout l’ostracisme à Tégard de nos faits ne s’appuie que siir ce même hypnotisme exécuté. 11 ne devrait pas survivre à l’auto-da-fé, cette fois très-scientifique, de son explication.
JSéanmoins, comme son livre de V Histoire du merveilleux, survi-' vaut à ladite exécution n’a pas cessé de circuler sur tous les railways des deux mondes, avantage que n’aura certainement pas ce qu’il appelle nos extravagances, bien que présentées par lui, comme a délectant le bon public,...» nous nous voyons forcé de retourner en arrière pour nous occuper un moment de ce voyageur attar lé.
Mais quelle sorte d’adversaire avons-nous en ce moment sous les yeux? Sa préface et son titre nous le donnent pour un simple narrateur, ne voulant examiner, tant a son esprit est vierge de toute
La Magie et V Astrologie., Introd., p. 3.
%. Hagiologique, qui regarde la vie des saints.
LA SCIENCE ET l’oCCULTISME.
impression antérieure, » tant sa méthode, éloignée d’un dogmatisme qui n’est pas son affaire, est uniquement la méthode de Descartes, la méthode dubitative , « seul précepte de vraie critique qu’il connaisse et qu’il suives » Puis, à deux pages de la même préface, voilà ce qu’il nous dit : « Nous faisons suivre chacun de nos récits de V eoopUcation qui rend compte aujourd’hui de ces prétendus prodiges. Les lumières de la physiologie et de la médecine sufjisent à cette tâche dans la PLUPART DES CAS. La négaüon du merveilleux est donc la conclusion philosophique de ce livre, qui pourrait s’appeler le merveilleux explique » Qu’on manque à son programme dans l’entraînement du discours, on le comprend, mais qu’on y manque en le traçant, qu’on fasse de la critique à priori, dans la même phrase qui promet de l’à posteriori, cela trahit autant de vague dans l’esprit que d’absence de méthode.
Comme historien, nous ne jouerons pas à nos lecteurs le mauvais tour de reprendre avec lui toutes ces histoires de la baguette divinatoire, de Loudun, des camisards, des convulsionnaires, deCideville, etc., qu’il serait temps en vérité d’abandonner, ou sur lesquels nous ne pourrions nous permettre que des réponses en note et pour lui seul. Il nous fait d’ailleurs trop de concessions sur tous ces sujets pour qu’avec un peu de bonne volonté nous ne finissions pas par nous entendre. Lorsque dans le dossier de son procès antimerveilîeux on voit figurer et accepter des misères comme « cette horrible névrose des Ursulines, qui les fait courir fort longtemps et avec une vitesse surprenante, pliées en double et la nuque posée sur leurs talons, tout en pénétrant plus de cent fois les pensées (t. I, p. 240 et 248); » quand on accepte dans l’affaire des camisards « ces soixante enfants, y compris un enfant de quinze mois, prophétisant à voix haute, en bon français, et très-distinctement (t. H, p. 400) ^ » ou dans l’affaire de saint Médard « les quarante mille coups de bûche déchargés à toute force et impunément sur la tête de plusieurs filles, sans omettre la pierre du poids de cinquante livres, retombant sans cesse du plafond sur l’estomac de celle dont « les reins pendant tout cet exercice reposaient sur un pieu (id., p. 380); » ... quand on a soin d’ajouter qu’on emprunte