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La justice dans la Révolution

3. Avec notre malheureuse philosophie, nous en sommes toujours réduits à « faire de l’ordre avec du désordre ». En voulons-nous la preuve? Rappelons-nous, puisque nous en sommes à Proudhon, le puissant adversaire qui, à l’Assemblée de 1848, le barrait dans toutes ses voies socialistes. Tant qu’il n’était question que de théories administratives, M. Thiers était vraiment foudroyant, et le Satan du jour tombait sous ses carreaux comme jadis celui de l’empyrée, cadehat ut fulgur; mais lorsque, abandonnait fauteur

368 l’antique satan devant les penseurs modernes.

de « La 'propriété c'est le vol, » celui de « la propriété » voulait attaquer le philosophe et le théologien, la réfutation cette fois laissait beaucoup à désirer. 11 faut bien en convenir, son chapitre « Du mal dans ce inonde » péchait précisément, en philosophie, par l’absence de Satan. Si, faute de cette vérité, Proudhon s’était vu obligé de dire à Dieu : « c’est toi-môme qui es Satan »; M. Thiers, faute de la même vérité, ne trouvait d’autre réponse à lui faire que celle-ci : « Dieu seul mil la douleur dans l’âme humaine pour la tirer de l’inaction (434); Dieu seul a institué toutes ces choses (431).» Avec la vérité qui lui manque, au contraire, il eût inévitablement échappé à cette doctrine fataliste qui paraît dominer toutes ses œuvres, et convaincu, comme Schlegel, de la réalilé nos ennemis invisibles, il eût pu démontrer alors par d’excellentes raisons à Proudhon que « Dieu ne saurait être un tyran » (430).

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