DE HAUTE MAGIE HUMANITAIRE
§ 1er
Topographie d’Éden. — Marco-Polo plus exact que Voltaire. — Un dernier mot sur le Prométhée d’Eschyle. — Jupiter -Satan permettant à sa victime de ■ prophétiser sa propre expulsion par le Fils de la femme.
i. Topographie d'Éden,
Ainsi donc la guerre nous vient des cieux, et le premier qui la fit fut un ange.
Nous venons de voir la mêlée, la défaite et le châtiment d’ outre ^terre. Dans le monde angélico -sidéral nous cherchons la place des vaincus sans pouvoir la trouver et pendant que le télescope d’Herschell se fixe avec terreur sur des mondes en éclats ou sur d’inexplicables lacunes, la Bible et les beaux vers de Milton nous émeuvent encore de leurs
Apoc., cité plus haut.
plaintes sur le sort de ces vaincus célestes, dépossédés de leurs trônes, ou, pour parler littéralement, précipités dans l’espace.
Malheur maintenant, malheur aux mondes que ces aérolithes spirituels vont rencontrer dans leur chute!...
Hélas ! Dieu sait après combien de siècles ou de périodes l’uranide engagé dans notre orbite s’abattait sur la terre ; mais là, , tel que le grand poète nous le dépeint , c’est-à-dire avec la rage et l’envie au fond de l’àme, il volait droit au séjour de la félicité pour l’attaquer dans sa source.
Éden était le nom de ce séjour; or, Éden signifiait volupté ^ .
Au dernier siècle on riait beaucoup de ce jardin. Voltaire le mesurait en tout sens; il calculait la distance qui sépare les quatre fleuves, et, voulant à tout prix faire du Geho7i le Nil, les dix-huit cents lieues de distance qu’il trouvait des sources de ce dernier à celles du Phase lui faisaient plaindre Adam d’avoir été chargé tout'seul de l’entretien d’un jardin de tant d’hectares. Pauvre Voltaire ! qu’eùt-il dit en voyant ce paradis ^ que, de son temps, les poètes n’osaient même plus chanter, repris très au sérieux par la science la plus grave et réintégré par elle sur la carte de l’univers primitif?
Suivant M. Pauthier, fun de nos orientalistes les plus distingués, (c c’est sur les plateaux de la haute Asie qu’a été primitivement jetée la grande énigme du genre humain. »
Suivant Klaproth, dans le livre du Fo-koue-ky, la carte hiéroglyphique tirée de V Encyclopédie japonaise fixe le plateau de Pâmer entre les cimes les plus hautes' de l’Himalaya, le désigne comme le point culminant de l’Asie centrale et fait sortir de son Lac des dragons les quatre fleuves : l’Oxus, rindus, le Gange et le Silo.
De son côté, le chevalier de Paravey nous montre sur un monument astronomique chaldéen, rapporté récemment à