‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 287 sur 341 · Journal asiatique, 7* année · texte numérisé non relu

Journal asiatique, 7* année

Ce point est la partie la plus haute de l’Asie, où se trouvent les sommets les plus élevés de l’ancien monde, etc. » Ainsi Marco-Polo avait raison , et Voltaire déraisonnait une fois de plus.

Mais que pouvait-il donc se passer dans cet Éden, dans ce parâdésa, ou pays élevé du sanscrit, dans cet hédoné, ou délices des Grecs, dans cet ombrage de volupté des Chaldéens?

Ne le demandons donc pas à l’histoire, mais reportons-nous au souvenir de tous les peuples, à quelques paroles de la Bible, aux beaux vers de Milton, et quant à ceux qui, parfois, attribuent la formation des dogmes à l’enthousiasme inspiré par le charme d’une création toute récente, qu’ils sachent donc faire un pas de plus ; qu’à tous ces enivrements naturels, à tous ces enchantements d’un premier amour conjugal ils sachent donner pour support et pour milieu cet élément divin dont les voluptés ravissaient plus tard les Thérèse et les François d’ Assise ; qu’ils couronnent enfin toutes ces félicités par la certitude absolue de leur durée éternelle, et qu’ils conviennent avec nous que la perte d’un tel état peut, à bon droit, s’appeler la chute.

La chute! Ici mille traditions viennent se presser sous notre plume, obligée, quoique à regret, de les repousser, tant nos apologistes chrétiens s’en sont abondamment servis’.

Qu’il nous suffise d’appliquer à cette unanimité le mot que l’illustre Cuvier appliquait à d’autres traditions : « Est-il possible, demandait-il, qu’un simple hasard puisse donner un résultat aussi frappant, et les idées des peuples qui ont eu si peu de rapports ensemble, dont la langue, la religion, les mœurs n’ont rien de commun, s’accorderaient -elles sur ce point si elles n’avaient la vérité pour base 2? »

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