‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 293 sur 341 · PROMÉTHÉE MIEUX COMPRIS · texte numérisé non relu

PROMÉTHÉE MIEUX COMPRIS

Mais il nous paraît avoir tort à son tour en ajoutant : « cependant la dilTiculté n’est- pas résolue’, car ailleurs il est dit que Jupiter deviendra l’artisan de sa défaite, en faisant naître de la femme un fils plus fort que son père ; » il a tort, disons-nous, car d’une part , Jupiter est bien l’artisan de sa défaite en causant la naissance d’un vainqueur plus fort que lui, et de l’autre, la paternité qu’il s’attribue était parfaitement conforme au rite des mystères sabaziens à la fin desquels on voyait Jupiter, sous la forme d’un serpent, épousant Demeter ou l’humanité, et lui donnant pour fils Dyonisos-Sabazius, autrement dit Bacchus-Soleil, ou le dieu sauveur.

Les mystères n’étaient que la parodie la plus infâme des traditions génésiaques et messianiques, et, pour comprendre quelque chose aux théologies générales, il ne faut jamais perdre de vue leur point de départ, c’est-à-dire l’adultère de Jupiter-Serpent avec l’humanité, et son anéantissement par sa propre femme et par son propre fils. L’ensemble prophétique du drame nous semble donc aussi éblouissant que possible. Jupiter est bien ici le Jupiter tombé, y,k^a.iSSr,i, et non pas le Jupiter tombant ou foudroyant, qui s’appelait alors

Nous ne quitterons pas ce dieu-prophète, sans demander à M. Renan comment il se permet de lui substituer dans Eschyle ypovo;, ou le temps, sans ajouter un seul mot sur la femme vierge et son fis, qui nous paraissaient bien cependant mériter une mention'^.

Que penser maintenant de ce pauvre Laharpe appelant une telle prophétie « un sujet incompréhensible et monstrueux 2, 1) ou de cet excellent père Brumoy disant : « C’est là sans doute une allégorie sur les rois, sur Xerxès, sur Darius, chose qui devait être extrêmement ragoûtante (sic) pour une république? »

Alitant valait dire, comme Diodore de Sicile , que « ce feu

•I . Renan, Éludes religieuses, p. 68.

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