Cours, t. I, p
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sacré signifiait probablement que Prométhée était l’inventeur du briquet'^. » Mais Diodore n’était pas tenu à comprendre, tandis que nos professeurs s’y trouvaient obligés et n’en parlaient pas moins comme Épicure, pendant que le grand tragique païen parlait exactement comme nos prophètes.
Non, certes, ils n’ignoraient pas -toute la portée du secret révélé par Eschyle, ces auditeurs païens et particulièrement ces pontifes, qui, nous le tenons de Cicéron 2, persécutèrent immédiatement le grand poète comme rêvétateur des mystères, et le forcèrent à prendre la fuite.
Maintenant, nous le rappellerons à tout homme de bonne foi : lorsque les apologistes chrétiens, pour mieux prouver la grande attente du genre humain, faisaient appel aux oracles sibyllins et aux beaux vers du Pollion on se riait de ce qu’on appelait leur méprise ; en vain l’Église laissait-elle insérer dans ses hymnes : « Teste David cum Sibylla^, » ou faisaitelle placer dans le chœur de la Chiesa dei Scalzi, à Venise, les douze charmantes inspirées appelées Tiburtina, Samia, Erithræa, etc, . . . Comme pour les récompenser d’avoir deviné ce que les prophètes ont connu; en vain, appelait-on, d’autre part, Horace, Tacite et Suétone au secours de Virgile, on expliquait V enfant divin de ce dernier par une flatterie de courtisan à l'adresse des Césars, sans s’embarrasser le moins du monde ni de la vierge, ni de la ierre. purifiée, ni de la victoire sur le serpent; et quant aux vers sibyllins, nous l’avons déjà dit, ce n’était, à en croire tous nos explicateurs, que l’œuvre d’un chrétien du second siècle, bien que Cicéron les eût connus et cités soixante-dix ans avant le commencement du premier. Comme le protestant Blondel avait fort mal traduit ce dernier passage, nous nous étions tous crus obligés à traduire aussi mal que lui. Toutes ces prétendues explica-
^ . nüt,y voir au mot Prométhée.