LES DEUX ARBRES
Que pouvaient être ces deux arbres, occasion et sujet de tant de sarcasmes ou de rêveries ?
Alex, de Humboldt et Mackensie nous ont montré au Mexique, au Canada, et jusque chez les Iroquois et les Hurons, ces deux arbres, que nous pouvons retrouver aussi chez les Hindous, les Persans et même les Scandinaves. On connaît, en effet, les pommes mystérieuses gardées par Iduma, pommes que Dieu seul pouvait manger, et que Loke, le mauvais principe, fit enlever par un géant
N’oublions pas que chez les Mazdéens et dans les Zends, X arbre de vie, créé dès l’origine, et appelé hom, croît uniquement dans la source des eaux pures et vivifiantes qui sort du trône d’Ormuzd; c’est lui qui éloigne la mort et fait vivre les bienheureux,... car, après en avoir extrait le jus qu’on reçoit dans la coupe sacrée, on le boit, et il est dit que « celui qui boira de ce jus ne mourra plus 2. »
« Pour concilier entre eux les différents passages des livres zends à ce sujet, peut-être faudrait-il admettre que dans leur croyance un esprit céleste résidait dans l’arbre du hom, dont on distinguait deux espèces^. » Ce peut-être de M. Bonnetty est une certitude pour M. Maury. « Le hom [sarcosti viminalis) est un médiateur prophète, qui, sous une apparence matérielle, se laisse manger même par ses adversaires^. «
Si nous passons des écritures persanes aux écritures indiennes, nous trouverons dans les chants du Sama-Véda le somâ et son jus, devenus une vraie personnification divine, et par cela même éloignant les rakschasas ou mauvais génies : « Veux-tu, ô soma! dit un autre de ces livres, nous donner la vie, nous ne mourrons plus? »
« Le somâ des Aryens {asclepias acida^), ajoute encore