Art. ÉPICURE ET CAÏNITES
^Journal des Débats, du 5 juin et du 14 mai 1861.
INTRODUCTION
importantes aux partisans du merveilleux, » concessions d’autant plus remplies de danger selon lui, que M. Figuier, « se voyant obligé de rétracter dans le troisième volume celles du premier , prouve évidemment par là qu’entre la publication de ce premier et de ce troisième volume un grand changement s’est opéré dans son esprit... Nous nous permettrons, entre autres, de lui signaler un chapitre, dans le quatrième volume, où il raconte des faits bien surprenants,... et nous serions bien étonné, puisque m. figuier sait si bien se dégager DE SES propres OPINIONS, quo la conclusion persistât dans une prochaine édition »
Le Journal des Débats est excellent. Il en prend bien à son aise ; en pareille matière, pour accorder conclusions et prémisses, il faut d’abord qu’elles puissent se retrouver. Qu’il nous permette une comparaison. En ce moment, on perce sous le mont Cenis un immense tunnel et, pour arriver plus vite ou plutôt moins tard, on l’attaque par les deux bouts à la fois ; mais la grande inquiétude, la voici : c’est que, faute d’avoir pu se ménager tous les jours et toutes les lumières ordinaires, en raison de l’épaisseur de la voûte, le double percement ne parvienne pas à se rejoindre. Il en est de même du travail de M. Figuier; sans qu’il ait changé d’opinion le moins du monde, s’apercevant, mais trop tard, au moment de la livraison de son tunnel, que les deux extrémités de son travail ne se rapportaient nullement, il a retiré Ventrée pour ne plus laisser que la sortie. Grand parti, mais gênant pour la traversée d’une question !
La Revue des Deux Mondes parle exactement comme le Journal des Débats (( M. Figuier a tenté, dit-elle, d’expliquer des faits qui sont inexplicables et qu’il eut été plus raisonnable de nier »
Quant aux amis intimes de M. Figuier, nous doutons qu’ils lui donnent plus de consolations, si nous en jugeons par la franchise avec laquelle M. Lucien Platt, après l’avoir remercié, dans plusieurs numéros de son Musée pittoresque (année 1860), « d’avoir donné une excellente histoire de quelques faits merveilleux, » après Fervoir grondé de
L Article du 7 juin 1861.
2. Voir, dans la Revue des Deux Mondes, 15 janvier 1862, l’art, de M. Paul de Rémusat, intitulé: « Le merveilleux autrefois et aujourd’hui,» article dans lequel l’auteur explique tous les faits, ceux de Moïse comme ceux du diable, ce personnage inconnu aux anciens , par cette science également inconnue perdue, dont M. Littré, tout en marchant sous le même drapeau que lui, déclare l’admission tout à fait impossible. On ferait bien de s’entendre, ne fût-ce que pour ne pas retomber dans le malencontreux tunnel.
LA SCIENCE ET l’ OCCULTISME.
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n’avoir pas a laissé sa plume courir avec plus de colère sur le papier, )) finit en regrettant qu’il ne soit pas remonté à Torigine de ceîte funeste tendance au merveilleux. « Alors, dit-il, il eût écrit une véritable histoire du merveilleux, qui aurait eu peut-être une plus haute portée philosophique;... mais n’importe, on trouvera ce livre d’une lecture attachante. »
Un autre ami, bien sympathique, si nous en jugeons par ses colères contre le surnaturel, s’exprimait dernièrement ainsi sur VHistoire du merveilleux: « Maintenant un livre reste à faire sur les causes de ces faits merveilleux... M. Figuier a bien fait leur histoire, mais c’est un récit, un répertoire charmant comme un roman,,., pour un public un peu superficiel , tout en indiquant les vrais principes de la science... Il a donc fait une histoire, mais un traité reste à faire. Quand il craint de dire trop, il plaisante, il pirouette et passe à une autre matière; on s’amuse à le lire,... mais l’énigme reste souvent intacte. Pour trouver la solution de ces faits merveilleux queM. Figuier raconte si bien, il faudrait une étude plus sérieuse, un travail plus approfondi et des convictions plus arrêtées ^ »
Lorsque des critiques, marchant sous le même drapeau que vous, traitent ainsi votre histoire non véritable, et vos explications quelquefois heureuses, jugez ce que pourraient dire vos adversaires. Quant à nous, il nous paraît évident que si dans l’avenir ces quatre volumes subsistent encore, ils s’appelleront: Histoire incomplète du merveilleux ou le merveilleux inexpliqué. Ce qui n’empêchera pas l’auteur de nous dire dans toutes ses préfaces que « la science rend parfaitement compte aujourd'hui de tous ces prétendus prodiges: » et tous ses lecteurs (de chemins de fer et à grande vitesse) d’en rester persuadés î