Val. Max., 1. I, viii, n
LE SERPENT
Partout , en effet , ce serpent fatal nécessitait des dieux vengeurs, des héros ou des incarnations divines. Aux Indes, c’était Vichnou s’incarnant dans le sein de Dohy-buy pour lutter contre le serpent Cali^ . Dans le nord, c’étajt Odin luttant contre le serpent Nidgard « qui enveloppe la terre de ses plis », et qui a séduit Angerbode, la mère des malheurs Au Mexique et chez les Aztèques, c’était Tezcatlipoca, qui mettait en pièces la couleuvre*. Nous ne parlons ni du Python des Grecs, ni de ce peuple que l’on croyait issu de l’alliance d’une femme et d’un serpent, ni des Ophites qui l’adoraient comme le dieu créateur. Ce sont là des détails trop connus ; mais il faut étudier de nos jours le culte du serpent chez les populations africaines, chez les Nigritiens, par exemple, qui à eux seuls fourniraient plus de lumières que la collection générale de nos mémoires académiques. A quoi bon tant de discours sur l’antique alliance de la femme et du serpent, lorsque nous voyons, à l’heure qu’il est, cette même alliance célébrée solennellement chez des peuplades entières, et réalisant, pour ainsi dire, non-seulement le fond du troisième chapitre de la Genèse, mais encore toutes les rêveries des rabbins et de la kabbale sur cette monstrueuse complicité