Genèse, ibid
PHILOSOPHIE DE LA CHUTE
voit après) substitué à celui de Prométhée [qui voit avant) exprime parfaitement la différence existante entre V évidence et la clainioyance.
« Voilà Adam devenu comme l’un de nous. » On a voulu expliquer ce nous par les deux autres personnes de la sainte Trinité; mais du moment où saint Augustin regarde comme très-dilFicile d’appliquer à d’autres qu’à un ange et la promenade dans le jardin et le commencement du colloque, il nous paraît plus logique de continuer le même système.
« Et il plaça deux chérubs ». Voilà l’origine des sphinx placés à l’entrée des labyrinthes et des temples égyptiens. On sait que ces sphinx sont la représentation exacte des chérubins d’Ézéchiel.
Maintenant nous ne pouvons pas abandonner Éden sans le faire comparaître encore une fois à la barre de nos savants modernes.
La chute devant la science moderne. — Philosophie de ce grand drame. i. — Philosophie de la chute.
Tous les peuples la proclament. « Il est certain, dit l’abbé Glaire, qu’il y a sous ce rapport un ensemble étonnant entre les traditions des Égyptiens, des Indiens, des Perses, et même des peuples du Nord et des Grecs. » Il y a plus : chez tous, comme dans le récit biblique , la terre est maudite avec l’homme, et la chute du souverain entraîne celte de tout son domaine et de toutes les créatures qui l’habitent. Travail solidaire et consolant par cela même , gravitation universelle de toute vie vers sa source oubliée ou perdue !
Mais consultez la science.
Un des plus renommés incrédules de l’Allemagne contemporaine, Jahn, explique ainsi le deuxième chapitre de la Genèse : « Ève s’était endormie près d’un arbre, et ayant vu sur cet arbre un serpent, sans pouvoir distinguer si c’était
une réalité ou un rêve, elle le raconta comme histoire véritable à Adam »
Nous avons vu tout à l’heure un arbre vénéneux, mais réel, substitué par un rationaliste du même pays à l’arbre rêvé par Eve. Jahn est beaucoup plus simple encore.
Quantà Eichhorn, M. Renan nous apprend que « reconnaissant la nécessité d’une exégèse plus large, et las de chercher des explications naturelles à de si importantes traditions, il crut devoir soutenir, en scrupuleux théologien, que « il serait indigne de la Divinité d’avoir laissé insérer un fragment mythologique dans un livre révélé, et que dès lors on ne doit voir dans tout cela que la traduction de ce proverbe : « Le désir d’un meilleur état est la source de tout le mal en ce monde »
Mais Bauer lui répond que, bien loin « de constituer une pareille charade , ce récit était une pure légende sans aucun sens ni portée. »
Chez nous, M. Lacour n’y voit, comme nous l’avons dit, que « le récit moïsiaque d’une scène d’initiation égyptienne dont Jéové est le grand prêtre, Adam le sujet, et dont les ALEiM sont les juges *.
L’Israélite M. Munck range parmi les apologues tout ce troisième chapitre, « dont tous les détails, dit-il, sont du domaine de la poésie et de la mythologie *. »
En fin de compte, toutes les opinions sont aujourd’hui pour l’allégorisme moral, et peut-être ne serait-il pas très-difficile de rencontrer plus d’un théologien catholique et français qui ne s’éloignerait pas beaucoup à cet égard du rationaliste le plus décidé.
« Chacun de nous cependant, nous disait tout à l’heure un des plus célèbres incroyants de l’Allemagne, chacun de. nous naît sous l’influence du principe satanique, et c’est là le vrai