‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 325 sur 341 · SPONTANÉITÉ DU LANGAGE HUMAIN · texte numérisé non relu

SPONTANÉITÉ DU LANGAGE HUMAIN

'perdue, en vertu de laquelle Thomme a de lui-même et subitement parlé sa 'propre pensée. Rien n’est stupéfiant comme l’aplomb avec lequel nos hommes de critique, si dédaigneux lorsqu’on leur présente des faits attestés par tout le genre humain , attestent eux-mêmes la fdiCuUé perdue. Ils étaient là, n’en doutez pas, lorsque cette faculté s’exerçait; ils étaient là quand on est venu à la perdre, et s’ils ne fixent ni le lieu ni le quantième , c’est qu’ils ne s’embarrassent pas d’un détail indifférent à la chose. « Le langage, dit M. A. Maury, est le résultat d’un instinct qui s’est manifesté au plus haut degré dans les premiers temps de l’apparition de notre espece sur la terre. 11 fut l’œuvre d’une puissance créatrice qui a été se perdant de plus en plus. L’homme primitif a créé spontanément le langage, autrement dit sa langue, sans réflexion et sans effort... Cette faculté s’est épuisée graduellement dans sa forme créatrice^. »

M. Renan n’est pas moins affirmatif; ne voulant pour l’homme ni d’un langage créé par l’usage réfléchi de sa raison, ni d'une parole qui lui serait venue du dehors, le langage pour lui n'est que «le produit spontané et aveugle de toutes les facultés humaines en exercice. »

Et comme il convient qu’aujourd’hui le plus violent exercice de toutes ces mêmes facultés n’amènerait pas la plus petite syllabe, au lieu d'une faculté perdue il faudra bien qu’il nous accorde un jour la perte de quelque autre vertu intérieure qui les dominait toutes’ et les mettait toutes en exercice.

Mais, diront quelques catholiques conciliateurs, il n’y a cependant là rien qui ne puisse s’accorder avec la théorie très -orthodoxe des facultés surnaturelles perdues et de l’intuition primitive.

Oui, en apparence; mais ces catholiques peu clairvoyants ne s’aperçoivent donc pas qu’à l’encontre de ces dernières facultés, résultant, selon tout l’esprit de la Bible, d’un commerce continu, extérieur et sensible avec des êtres supérieurs, les facultés naturelles de ces messieurs ne sont là que pour exclure précisément ce commerce mystérieux et ces interventions qui ne feraient que « prouver, disent-ils, la faiblesse et non la puissance divine? »

En un mot, on veut naturaliser le phénomène le plus surnaturel, puisque cette fois c’est l’expérience journalière, c’est l’observation de tous les siècles qui s’accorde avec la vérité révélée, pour attester que « la raison commence toujours par un acte passif^, » et que jamais, M. de Ronald l’a surabondamment démontré, il ne s’est rencontré

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