‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 328 sur 341 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ou DEUX MIRACLES AU CHOIX. 419

Tout cela se rattache à ce vaste systèioe de psycholâtrie dont nous parlions tout à l’heure, psycholâtrie reine de toutes les hérésies inodernes, comme le panthéisme en est le roi , et comme le mesmérisme en sera plus tard l’instrument le plus puissant. Tout cela marche de front, et avec une entente bien merveilleuse, pour qui veut un peu l’observer.

Quoi qu’il en soit, le D'’ Littré a raison d’affirmer, malgré son admiration pour l’auteur des études, que « tout cela ne met absolument RIEN à la place de la philosophie détruite. »

Voilà cependant ce qui trouve admiration et écho dans la Bevu^e des Deux Mondes ! Le numéro du 15 septembre 1857 contient l’appréciation suivante : (( Jamais, y est-il dit, on n’avait vu dans notre France des pensées aussi fortes, des critiques si tranchantes, si terribles, exprimées avec une grâce si lumineuse et si sereine. M. Renan a dit quelque part que « les Pères de l’Église, lorsqu’ils parlaient avec verve de l’absurdité des dieux païens, obéissaient à la même inspiration que Voltaire ;î) ceci est une remarque très-fine, )>

La Revue finit cependant par donner un excellent conseil à celui qu’elle admire. « Que M. Renan, dit-elle, prenne bien garde à cette perpétuelle préoccupation de la finesse. Si les esprits violents et grossiers ne voient qu’un seul côté des choses, les intelligences ‘subtiles, à force de chercher les nuances, courent le risque de ne rien saisir avec vigueur. Toutes ces discussions, divisions, cette alliance si impartiale des contraires, finissent par ne laisser dans l’esprit qu’une sceptique indifférence... car c’est alors que le théologien se transforme en virtuose. »

On ne saurait traduire en langage plus divertissant une vérité plus sérieuse ; mais nous engageons la Revue à garder quelquefois le conseil pour elle-même, et à ne pas servir si souvent imprésario et de théâtre à tous ces concertos théologiques.

Consolons-nous, il en est temps, en remontant de ces désespérantes ténèbres à la lumière toujours radieuse et compréhensible de l’éternelle vérité.

Laissons parler d’abord l’ange de l’école :

« Il faut absolument, dit saint Thomas, qu’il y ait au-dessus de l’âme humaine quelque intellect d’où dépende son comprendre {suum inteUigere),..^ parce que tout ce qui nous arrive par participation doit être auparavant dans quelqu’un substantiellement, comme le fer entta?mmé ne l’est que par le feu... Il est nécessaire qu’avant tout mobile on trouve quelque chose d’immobile; or, comprendre pour l’âme, c’est se mouvoir... Cet intellect-agent, c’est Dieu lui -même qui rend les choses intelligibles comme un soleil illuminateur. Ce qui le carac-

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