SERPENTS SACRÉS ET DRAGONS TRADITIONNELS ET HISTORIQUES
Le serpent de la Genèse peut donc être considéré sous deux aspects très-différents, comme essence spirituelle et comme emblème animal. Au premier point de vue, il y a là évidemment une force cosmique et surintelligente du premier ordre ^ une grande lumière tombée, un esprit tout à la fois sidéral , aérien et tellurique dont Tinfluence circule autour du globe {qui circum ambulat terram), et qui se sera manifesté ensuite sous l’emblème physique qui convenait le mieux à ses replis intellectuels et moraux , c’est-à-dire sous l’emblème du serpent.
Mais ce serpent n’était pas seul ; toutes les théologies reconnaissaient deux serpents sacrés, le bon et le mauvais, car, dans le serpent d’#irain brisé par Ézèchias, Moïse avait commencé par nous montrer un serpent divin, dont l’aspect guérissait les blessures du serpent venimeux.
On ne peut encore se dissimuler que le soleil était l’emblème cosmique de ces deux serpents et de ces deux lumières, l’un se rapportait au soleil de justice, l’autre au soleil abaddon, apollyon ou exterminateur de l’Apocalypse.
Nous reviendrons sur toutes ces spéculations.
Occupons-nous maintenant de l’emblème animal. Creuzer nous l’a dit ; (I C’étaient toujours les dieux qui révélaient et occupaient euxmêmes leurs emblèmes. »
Ce mot dit tout, et par conséquent beaucoup plus que Creuzer ne pouvait le supposer.
Nous qui avons vu les dieux occuper très-réellement tous les meubles de nos salons et les mouvoir à leur gré, nous qui avons vu Texte n-