SERPENTS SACRÉS ET DRAGONS TRADITIONNELS, ETC
sion de cette possession delà matière inanimée à la matière animale, bien loin d’avoir peine à comprendre la possession du serpent génésiaque par une grande force spirituelle, nous ne comprenons même plus ceux qui ne peuvent pas la comprendre.
A défaut de la foi dans les Évangiles, cinq minutes d’expérience spirite eussent suffi au complètement de cette intelligence, comme encore à celle de toute la zoolâtrie des Égyptiens qui inspire aujourd’hui tant de beaux et faux systèmes à de si grands esprits, et qui n’est, après tout, que le prolongement de l’aventure génésiaque.
Nous comprenions donc le choix fait par le Dieu de l’emblème ophitique en raison de ses qualités physiques et psychiques, le mot dragon signifiant, dans toutes les anciennes langues, ce qu’il signifie en Chinois {long), c’est-à-dire « l’être qui excelle en intelligence, » comme en grec, « celui qui voit et qui surveille ^ »
Mais ce que nous ne comprenions avec personne au dernier siècle, c’était la forme ttiétamorphbsée du serpent : « Désormais tu marcheras sur le ventre. »
En vain Origène prenait-il soin de nous apprendre qu’il « n’avait pas toujours marché ainsi. »
En vain lisions-nous dans YAvesta que le serpent, après la chute, avait perdu avec sa nature son ancien nom d'Aschmogh.
En vain le Zohar nous affirmait-il que « le serpent dont Sammael s’était servi pour séduire Ève était une sorte de chameau volant comme un oiseau, y«a[X7i>.o[xop(pov (ornithoforme)
En vain trouviOns-nous sur tous les monuments, sur une masse de médailles et parmi les hiéroglyphes, les images fantastiques de ces serpents ailés ; du moment où la science les avait rangés parmi les fables et les rêveries poétiques, en compagnie de tous les dracones du roi-prophète et du régulas volans que le prophète Isaïe nous montre (( fondant sur les terres de tribulation et d’angoisse^, » nul ri’avait plus osé contester.
En breton^ signifie diable, d’où le droghedaiium sepulcrum^
ou tombeau diabolique, que l’on voit en Angleterre. Les Languedociens appellent encore les esprits follets drac; en français drogg, et en breton dreag, wraie, ont évidemment la môme origine; le château de Drogheda, en Bretagne, n’a pas d’autre étymologie. (Voir Cambry, Monuments celtiques, p. 299.)